Volley : Un grand Tours et puis s'en va  !

Vainqueurs conquérants à Paris lors de la finale aller du Ligue A masculine (1-3), les redoutables tourangeaux n'ont pas fait dans la dentelle sur leur parquet, salle Robert Grenon. Verdict : Tours 3 Paris 0. Avec un deuxième titre consécutif à la clé, le Tévébé reproduit avec brio le scénario réalisé la saison passée.

Dimanche 5 Mai, 16h. Le suspense est à son comble. Qui de Tours ou Paris s'emparera du Graal qu'est le titre de la Ligue A Masculine française ?

Suspense et maths

Avantage mathématique aux tourangeaux qui prennent place sur le parquet, dans leur antre, nommée Robert Grenon. Effectivement, le TVB est revenu victorieux de la capitale (1-3) quelques jours auparavant. Opposé à un Paris accrocheur poussé par le géant et courtisé bulgare Todor Skrimov, les Parisiens avaient cruellement manqué de réussite. Ni une ni deux, les hommes de Mauricio Paes avaient croqué à pleine dent la victoire face à ce club de la capitale fatigué par les plays-off. Les ambitieux 6èmes de la saison régulière n'avaient pu qu'encaisser les offensives du pointu David Konecny, comme absent durant les deux premiers sets. Se reprenant, le Tchèque a asséné les coups fatals et s'est montré décisif, comme à son habitude. Les Parisiens ne se doutaient pas à ce moment-là à quel point la mission qui leur était confiée serait rude : aller s'imposer en Touraine.

Au cœur de sa salle Robert Grenon inviolée jusqu'à l'affront de Narbonne (2-3) en demi-finale, Tours met la barre haute et se montre indomptable à domicile. Restant sur 13 succès en autant de rencontres avant ce revers, les Tourangeaux prouvent aux Parisiens qu'ils feraient mieux de se tenir sur leurs gardes, dans l'ombre, loin des projecteurs. De plus, « les inébranlables » restent sur 11 victoires depuis 2007-2008 face à l'ancienne gloire parisienne. Les Parisiens y croient tout de même. Épuisés mais déjà dans leur match, ils attendent la sentence : l'exploit ou la défaite. Ils gambergent, regardent Todor Skrimov simultanément. Cet homme permettra-il au duel de basculer en faveur du club entraîné par Dorian Rougeyron ? Ne jamais faire le match avant le match est une règle du sport. Mais y arrive-on vraiment ?

Public passionné et match à sens unique

Passionnés et en émoi, les 3300 spectateurs majoritairement acquis à la cause tourangelle sentaient la liesse et la joie monter en eux. Surtout le plaisir d'être là. Ces aficionados ne se lassaient pas d'observer la bataille des petits soldats que sont les volleyeurs. Peu auront été déçus. Avec tout le panache que mérite cette rencontre, le premier de la saison régulière avec 14 points d'avance sur le second, Sète, a pris la rencontre par le bon bout. Les joueurs ont d'ailleurs surclassé cette équipe parisienne qui ne savait plus où donner de la tête. Dépassés par l'évènement, déstabilisés, les marine et blanc, concédaient un set , puis deux puis trois puis c'était fini. Le compas dans l'oeil, rapides comme des félins, commettant moins de fautes, c'est le Tours de toute une année qui a été récompensé lors de ce match. Mauricio Paes, ancien entraîneur de Paris, désormais guide du TVB exultait, ayant savouré ce match. Il se félicitait d'avoir vu « une équipe très soudée devant un public fabuleux : c'est magnifique ! » disait-il. Il semblait y avoir un gouffre entre le jeu sans faille « made in Paes » et l'abattement ressenti par les joueurs de « la ville Lumière ».

En ce début de soirée, les spectateurs assistaient à autre chose que la victoire d'individualités. Ils avaient affaire à un collectif bien huilé, où la bonne humeur et la pérennité règnent, où les plus jeunes se nourrissent de l'expérience des plus anciens. Nuno Pinheiro, passeur de Tours, résume l'ambiance interne : « le projet ici est passionnant, on a tous hâte de se revoir l'année prochaine. ».

Et Paris dans tout ça ?

Les franciliens, quant à eux, essaient de se consoler. Il est difficile d'accepter cet échec après le long chemin parcouru en play-off. Heureusement, les volleyeurs de la capitale ont décroché une place en Ligue des Champions, un lot de consolation intéressant dans l'optique de la saison prochaine. Avec ces arguments-là, il s'avèrera donc peut-être plus facile de retenir Todor Skrimov, auteur de 309 points au cours de la saison dernière et très courtisé … « Todor est beaucoup sollicité » reconnaissait Dorian Rougeyron, l'entraîneur du Paris Volley. Ne déméritant pas, le fort bulgare et ses coéquipiers n'ont pas trouvé la recette miracle pour prendre d'assaut la forteresse tourangelle, solide et incroyablement bien organisée.

Après l'effort...

Pourtant, Mauricio Paes certifie « il n'y a pas de recette miracle, on travaille, on est fidèle à nos convictions ». Tous assomés par une fin de saison éprouvante, récompensés ou non, qualifiés pour la Ligue des Champions ou pas, ces monstres à la carrure large pourront se réserver le droit de souffler. Après la victoire ou la défaite, c'est le tour de la fête ou de l'abattement. A Tours, le choix est déjà fait. La saison touche à sa fin. Tout simplement, cette année, le Tévébé a encore gagné !

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