Rencontre avec Morgan Lamoisson à Issoudun lors du passage du Tour de France (étape : Tours-Saint-Amand Montrond). Le néo-pro, natif d'Issoudun et licencié à l'ACBB.

le 12.07.2013

Comment t'es tu intégré dans l'équipe Europcar?

L'intégration s'est bien passée, je connaissais un peu les coureurs puisque j'étais issu du centre de formation de Vendée U. En fin 2011, j'étais stagiaire professionnel donc j'avais déjà fait chambre avec certains. C'était un début de saison classique, on a commencé par des stages en Corse pour repérer les étapes du Tour. Notre but est de « performer », on a tous la même envie. On a très bien été intégré par les anciens.

Quels sont les changements dans le monde pro par rapport au centre de Vendée U ?

A Vendée U, nous étions à la même enseigne, très bien fournis au niveau du matériel. Ce qui change avec Europcar c'est de participer à de très grandes courses pro, voyager . Et le gros changement, c'est le niveau sportif.

Tu as couru Paris-Roubaix, le Tour de Romandie, quelles sont tes impressions de courir aux côtés de Chris Froome, Fabian Cancellara ?

J'ai fait toutes les classiques, c'était un vrai plaisir. J'ai vraiment été content de ma séléction à Paris-Roubaix car c'était un petit objectif en soi. C'est un grand plaisir de courir avec des Fabian Cancellara, Philipe Gilbert. Ils dégagent vraiment beaucoup de respect. Cancellara, dans un peloton c'est impressionnant. Après Froome, c'est un champion mais on ne s'est pas beaucoup vu, lui devant, moi derrière à part pendant les pauses pipi (rire). C'est un très grand coureur, maintenant c'est vrai que par rapport à mon style, j'ai plus de sympathie pour un coureur comme Fabian Cancellara que pour Chris Froome. Par contre, je respecte ses performances et sa qualité de coureur et il n'a pas la grosse tête dans le peloton comme certains (rire).

Es-tu content de ton début de saison ?

Non je ne suis pas content, avec les résultats que j'ai eu l'an passé je pouvais vraiment espérer mieux. J'ai eu besoin d'un moment d'adaptation j'attends beaucoup de cette deuxième partie de saison . Pouvoir figurer plus souvent aux avant postes et surtout moins de blessures parce que j'en ai eu pas mal cette année. Le premier but d'un coureur dans une saison,c'est de ne pas se blesser et après, de commencer à essayer d'avoir des résultats.

Les dirigeants t'ont laissé carte blanche parfois ?

A Vendée U, j'avais le rôle de capitaine de route, de sprinter et de leader de l'équipe avec Bryan Coquard. C'est vrai qu'on étaient dans les anciens, les plus expérimentés. Au bout d'un moment, les résultats font qu'on s'impose naturellement dans un groupe. C'est vrai que mon statut à complètement changé. Maintenant je suis le larbin (rire). J'ai choisi un programme sur les classiques, je savais que je ne pouvais pas avoir de résultats mais j'avais envie de progresser. Dans les mois à venir, j'aurais un petit peu plus ma carte et puis, ça me dérange pas de ne pas gagner, si un coureur d'Europcar gagne.

En parlant de courses, la Classic de l'Indre, quelles ambitions as-tu pour cette course ?

Je suis le local, je ne comprendrais pas pourquoi on ne m'y mettrait pas. Maintenant dans le groupe on est 25 coureurs, il faut faire courir tout le monde. Moi je commence à avoir un bon programme, je reprends au Tour d'Alsace et Tour du Danemark ça va faire déjà une dizaine de jours de course. Je ne peux pas me permettre de dire aujourd'hui « oui je peux faire le Classic de l'Indre » maintenant je fais tout mon possible, je vais appuyer en disant que je suis d'ici. Si je prends le départ, mon but c'est de performer. Le briefing je ne sais pas encore mais si on me demande toute la journée de protéger un coureur je le ferais. Je ne vais pas faire passer mon ambition personnelle avant celle de l'équipe. Maintenant, mon but c'est de bien figurer à la Classic de l'Indre donc soit de prendre une échappée, soit faire un résultat sur l'Avenue de la Châtre.

La course de tes rêves ?

Si je devais en gagner qu'une, ce serait Paris-Roubaix. Pour moi, étant petit, c'était la course que je regardais tout le temps, pour moi c'est la course mythique et la plus belle au monde. Cela a été un plaisir de prendre le départ et c'est pour ça que j'ai voulu absolument finir mon premier Parix-Roubaix. C'est une classique vraiment incroyable, sportivement c'est beau y a une foule nombreuse, ça fait 250km, l'organisme est vraiment en souffrance, alors même un top 10, je serais vraiment heureux.

En ce moment, il y a de très bons français comme Sébastien Turgot et Damien Gaudin dans ton équipe. Jean-René Berneaudau a dit qu'il aimerait bien construire une équipe autour d'eux.

C'était déjà le cas cette année. Cette année sur Parix-Roubaix on avait deux leaders, deux potentiels vainqueurs mais Cancellara était vraiment très fort. On a jamais couru pour la place de deux, ça c'est une certitude même au briefing. Mais on savait qu'on pouvait au moins en mettre deux dans les cinq premiers. Parix-Roubaix, c'est aussi les aléas, on a Sébastien qui « perce » au mauvais moment, il n'y a jamais de bon moment mais c'est là où la course se faisait. C’est arrivé à d'autres coureurs les années précédentes. Damien a été à la hauteur de son rôle, il finit 5ème et Sebastien 10ème, on en a deux dans le top 10. C'est un bon résultat, je pense qu'il y avait possibilité de faire mieux, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à les protéger et surtout à la fin d'être remercié pour le boulot effectué parce que c'est vraiment important pour eux de ne pas dépenser d'énergie avant les premiers secteurs pavés.

D'après toi, quels jeunes coureurs dans ton équipe ont le plus de potentiel ?

Pour moi, il y en a deux qui ont un fort potentiel, c'est Natnaël Berhane en montagne parce que j'ai couru avec lui et il grimpe très bien, il est encore jeune ça veut dire qu'avec les années et les charges de travail ,il va évoluer. Il y a aussi Bryan Coquard, à son âge il a été vice-champion olympique, il va très bien sur la piste, sur la route. Il est doué, vraiment doué et je pense que quand il aura quelques courses par étape dans les jambes, on pourra le voir vraiment se mêler aux meilleurs sprinters mondiaux.

En ce moment, c'est le Tour de France, que penses-tu de l'équipe (Jérôme Cousin, Pierre Rolland,,,) pour l'instant ?

Déjà Jérôme, on se connaît bien, on s'entraîne quasiment tout les jours ensemble. On habite à 500m l'un de l'autre, on est partenaire d'entraînement et amis dans la vie. Pour moi, c'est un beau Tour maintenant c'est vrai que j'aurai aimé qu'il y ait une victoire, Jérôme a fait de belles échappées, a obtenu plusieurs fois le prix de la combativité. Sur la deuxième on voit vraiment qu'il était fort, mais c'était voué à l'échec parce qu'il n'y a pas beaucoup d'arrivées pour les sprinters donc les équipes ne laissent pas partir facilement. Europcar a toujours été aux avant postes avec Cyril Gautier, Pierre Roland, David Veillleux, Kévin Reza. Tout le monde a mis sa pierre à l'édifice maintenant on a le maillot à pois déjà il ne faut pas l'oublier, c'est quand même un maillot distinctif. Mais voilà une victoire d'étape sur le Tour de France, c'est incontournable. Pour eux, ils se sont entraînés pour, se sont préparés pour. Hier, j'étais au téléphone avec Jérôme, l'ambiance est bonne, je pense qu'ils vont attendre des étapes qui seront à leur avantage car cette année on n'a pas de sprinter mais peut-être à Lyon et dans la troisième semaine. Je vois bien un coureur français briller et pourquoi pas un coureur d'Europcar.

Tu la trouves comment la moustache de Jérôme ?

Je vois que ça a fait le buzz comme quoi (rire). C'est marrant, il est barbu à la base ça c'est une certitude voilà et puis on en a parlé hier au téléphone. C'est parti du fait qu'il s'était rasé mais pas la moustache pour rigoler avec l'équipe et il a été en conférence de presse et ça a surenchéri. Le lendemain il est reparti devant et la moustache a été à l'écran toute la journée et ça a fait le buzz. Jérôme, ça le caractérise bien, ça parle de lui il aime bien ça. Je suis content qu'on parle de l'équipe pour cette moustache maintenant j'aimerai qu'on parle de Jérôme pour une victoire d'étape parce que je sais qu'il en est capable.

Comment décris-tu Jean-René Berneaudau?

Jean-René c'est un très grand monsieur, il inspire beaucoup de respect. Il nous donne envie, il est capable de transformer un coureur, il nous transcende dans les briefing. Il n'y a pas de mot pour le décrire, je n'ai pas de mot personnellement parce que c'est un sacré monsieur. Quand il m'a fait signer mon contrat pro, j'étais heureux mais tout petit dans son bureau. Il a un passé de manager, directeur sportif qui est incroyable. Je le respecte et je suis ravi d'être dans son équipe. Il est là pour écrire l'histoire, il nous le dit souvent c'est un peu sa phrase. Il a raison, on est là pour écrire une histoire, pour ne pas que ça se passe comme d'habitude.

Tu as encore un an de contrat chez Europcar, et comment vois-tu ton avenir ?

J'ai deux ans, pour performer au sein de l'équipe. Je ne suis pas inquiet, peut-être que l'année prochaine j'aurais plus de pression parce que ce sera ma dernière saison. Maintenant, là c'est ma première année, j'ai envie d'apprendre au maximum et j'ai envie de re-signer un contrat avec Europcar.

Est-ce que une équipe WorldTour te plairait ou une équipe étrangère ?

Une équipe WorldTour, c'est beaucoup de contraintes et d'avantages, il faut remplir un cahier des charges qui est assez conséquent au niveau financier et sportif. Maintenant l'équipe, je pense qu'elle pourrait se permettre de prétendre au WorldTour. une équipe étrangère, pourquoi pas quand je devrais me relancer et que je ne progresserai plus.

Merci à toi et tous mes vœux de réussite pour ta fin de saison. J'espère te retrouver sur la Classic de l'Indre, le 25 août prochain....

Rencontre avec Morgan Lamoisson
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