Normalement il devrait y avoir une présentation du personnage en introduction. Mais quand il s'agit de Jean-Paul Ollivier, on ne sait quoi dire tellement cet homme inspire le respect et l'admiration. On l'entend sur le Tour commenter le patrimoine historique de la France mais même lors de l'interview, "Paulo la science" nous raconte une histoire.

Quelles études avez-vous fait pour être là ? Du journalisme, de l’histoire ?

Je n’ai pas fait particulièrement d’études mais mes passions sont le cyclisme, l’histoire et la géographie. Je m’y suis toujours intéressé, j’ai travaillé, souvent seul, tout cela pour satisfaire mes passions. Je suis entré dans le journalisme très jeune puisque j’avais 17 ans et demi, fin 1961 puisque je suis né en 1944. J’ai écrit dans un journal de cyclisme qui s’appelait Vélo Journal, qui n’existe plus aujourd’hui, ensuite j’ai été dans un autre journal et puis lorsque j’étais à L’Aurore, qui était déjà un grand journal, je suis parti au service militaire. Et au service militaire, on envoie des gens à l’assistance technique. On est sous les drapeaux mais on chacun travaille sur son métier. En l’occurrence, moi j’ai été envoyé à Radio Djibouti et je me suis un peu évadé du journalisme sportif en faisant de la politique, les informations toutes catégories. Ensuite c’est en 1975 seulement que je suis revenu à Paris et que j’ai intégré le service des sports d’Antenne 2 à l’époque.

Vous commentez actuellement le Tour de France aux côtés de Thierry Adam et de Cédric Vasseur, depuis de temps combien êtes-vous la Grande Boucle ?

Cela fait 39 ans que je suis sur le Tour de France. Mon premier c’était en 1975 avec la victoire de Thévenet, qui était un très beau Tour de France puisque il déboulonnait Merckx littéralement de cette « casse des intouchables ». Merck avait gagné 5 Tours de France, et Thévenet venait là, un peu brouiller les cartes et gagner son premier Tour de France puisqu’il allait en remporter deux.

Quel est votre meilleur souvenir sur le Tour ?

Je n’ai pas forcément de meilleur souvenir, tous les souvenirs sont très bons. Je me rappelle les années Hinault, qui étaient de très belles années, mais le Tour c’est une merveilleuse aventure. Ce que je garde comme souvenir, c’est un mauvais, c’est la mort de Fabio Casartelli en 1995 dans la descente du col du Portet d’Aspet. J’étais sur la moto à ce moment là puisque j’ai fais 20 Tours de France sur la moto. Donc, j’étais sur la moto à ce moment là et j’ai pratiquement buté dans son corps inerte, il était déjà en état de mort clinique et j’en parle encore avec une immense tristesse et une immense détresse.

Vous l’avez dit, vous avez 39 Tours de France au compteur, vous l’avez laissé entendre dire cette semaine à l’antenne, que vous pourriez arrêter l’année prochaine…

Lorsque je vais avoir 70 ans, je suis atteint, comme on dit généralement, par la limite d’âge de la retraite. Légalement, on ne peut pas aller au-delà donc je suis contraint de prendre ma retraite par la loi. En revanche, si la société France Télévisions souhaite que je continue, elle peut m’offrir un contrat pour trois mois, pour faire le Tour de France. Donc je n’appartiens plus à la société ou en tout cas j’appartiens à la société que pendant trois mois de l’année. Ce sont des contrats tout à fait séparés. Je ne dirais pas non mais la loi m’interdit de continuer puisque c’est la retraite, c’est un couperet qui tombe.

Jean-Paul Ollivier, l'éternel
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