Dortmund : des frissons, de la joie et de grands espoirs

Tout le monde du football l’attendait et cette demi- finale retour entre le Real Madrid et le Borussia Dortmund n’aura pas déçu. De l’intensité, des occasions de part et d’autre et du suspens jusqu’à la dernière seconde, mais surtout un Real Madrid qui est passé tout proche d’un retentissant exploit. Récit d’un match au scénario aussi imprévisible qu’exceptionnel.

Un début de match tonitruant

Durant la semaine, José Mourinho déplora l’attitude de ses joueurs, parlant notamment d’un « match amical » joué au Signal Iduna Park (4-1). Et le Portugais gardera longtemps cette rencontre en travers de la gorge, car le tout autre visage affiché par ses joueurs a bien failli terrasser les Borussen ce mardi.

Le Real Madrid le savait : ils devaient marquer, et vite, s'ils voulaient réussir "l'opération 3-0"qui les mènerai à Wembley. Les Merengue commencèrent donc pied au plancher, imposant un rythme incroyable à leurs homologues allemands. Dans un Bernabeu survolté et vingt minutes durant, Madrid enchaina les occasions et empêcha la relance allemande grâce à un pressing de tous les instants.

Dès la troisième minute, Weindenfeller dût s'employer pour repousser une tentative de Gonzalo Higuain, lancé par Ozil. L'Argentin aurait pu s'en mordre les doigts si l'inévitable Lewandowski avait converti la première occasion des allemands (12è). Un Higuain qui manqua l'occasion de se racheter dans la continuité de l'action du Polonais, décidément pas dans un grand soir. Pourtant, le tournant du match intervient à la 14ème minute, lorsque Mesut Özil manqua de façon incompréhensible son face à face avec Weindenfeller. Trois grosses occasions manquées durant le premier quart d’heure, c’est trop, en Ligue des Champions de surcroît, et le Real n’a pas fini de les ressasser …

Dortmund sort la tête de l’eau

Le Borussia Dortmund avait conscience de l’importance du début de match dans le résultat final. Malgré cela, les Allemands ont été bousculés comme rarement et ont du s’en remettre à l’exceptionnel Weidenfeller pour ne pas sombrer dans les quinze premières minutes.

Après avoir laissé passer l’orage, les joueurs de Jurgen Klopp reprirent petit à petit reprit le contrôle de la partie et démontrèrent une nouvelle fois toute l’étendue de leurs talents. La paire Hummels – Subotic inspira beaucoup de sérénité, donnant la réplique à la plupart des banderilles madrilènes. De leurs côtés, le maître à jouer Ilkay Gündogan et le virevoltant Marco Reus semèrent le doute à plusieurs reprises dans l’arrière garde madrilène, manquant l’occasion d’assommer le Real à plusieurs reprises.

Robert Lewandowski, héros du match aller, pesa beaucoup sur la défense madrilène même si deux grosses opportunités manquées en début de seconde période auraient pu être fatales au Borussia Dortmund. Le Polonais reçut un traitement particulier de Sergio Ramos, qui multiplia les coups et provocations à son encontre, sans toutefois lui faire perdre son sang-froid.

Dans l’impasse, José Mourinho tenta donc d’insuffler une nouvelle dynamique à son équipe avec les entrées de Karim Benzema et Ricardo Kakà (55è). Deux entrées très proches d’êtres décisives…

Dix minutes de folie

Malgré ces entrées conjuguées et le changement de dispositif, la fatigue et la frustration se firent de plus en plus sentir du côté merengue, en témoignent les cartons reçus par Xabi Alonso et Khedira à un quart d’heure du terme. Le verdict semble rendu, le public résigné et pourtant…

82ème minute. Kakà décale Mesut Özil sur le côté droit. L’allemand centre pour Karim Benzema, qui trompe Weindenfeller du plat du pied. Le Real ne doit plus inscrire que deux buts pour décrocher la qualification. Tout Bernabeu se prend à rêver d’un come-back inespéré et harangue son équipe, complètement transcendé par le but du français. Les onze allemands sont recroquevillés dans leur surface, le Real multiplie les offensives et fait craquer une seconde fois Dortmund par l’intermédiaire de Sergio Ramos (88é). Le stade entre en fusion et le Real continue à pousser, encore et toujours. La montée de Diego Lopez ou la tête rageuse de Ramos n’y feront rien, le Borussia Dortmund ne rompt pas et arrache son ticket pour la finale de la Ligue des Champions pour la deuxième fois de son histoire au terme d’un match complètement fou.

Malgré leur première défaite cette saison en Ligue des Champions, les hommes de Jurgen Klopp auront mérité leur qualification, privilégiant toujours l’aspect offensif et ne dérogeant jamais à leur préceptes. Surtout, les Schwarz-Gelben auront démontré à l’Europe qu’ils sont de sérieux prétendants au titre final, le 25 mai à Wembley…

Dortmund peut savourer, ils sont en finale de la Champion's League

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Lewandowski et les siens peuvent se congratuler.

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La tête des mauvais jours pour Mourinho.

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