Alain Mimoun: le temps l'a rattrapé

Vainqueur du Marathon des jeux olympiques d'été 1956 à Melbourne, le grand Alain Mimoun s'est éteint à l'âge de 92 ans, le 27 juin 2013. Il restera indéniablement un grand sportif, et d'ailleurs, plus de 30 gymnases portent son nom. Mimoun a notamment initié la création du Centre d'entraînement sportif national de Bugeat, ville où le champion a habité avec sa femme, originaire de Tulle en Corrèze.

Mais les exploits de l'athlète ne s'arrêtent pas là, puisque Mimoun c'est 32 titres de champion de France. 4 médailles olympiques, un 5.000 m en 1952, un 10.000 en 1948 et 1952, il a également été champion du monde de cross en 1949, 1952, 1954 et 1956.
Il a aussi été un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale et a été fait Commandeur de la Légion d'honneur, Grand officier de la Légion d'honneur, de l’Ordre national du Mérite et Commandeur de l’Ordre du Mérite sportif.

Lors du marathon de Melbourne, à un moment difficile, il raconte comment il s’était motivé pour ne pas flancher: "Le coup de marteau, ça a été autour du 30e km. Les 5 minutes ont été les plus dures, les plus difficiles de tout le marathon. Je m’insultais : allez fainéant, tu ne vas pas lâcher maintenant ! Je pensais à ma mère, à ma femme, à ma fille qui venait de naître ». D'ailleurs, la veille de la course, Alain Mimoun, très croyant et superstitieux, apprend par télégramme qu'il vient d'être le papa d'une petite Olympe.

De nombreuses réactions :

Valérie Fourneyron : "Un monument du sport français tire sa révérence... Je salue avec émotion la mémoire d'Alain Mimoun. Il restera dans les mémoires de tous les Français comme l'athlète tricolore le plus médaillé de tous les temps, mais surtout comme un exemple de droiture et de gentillesse."

Michel Jazy (ancien athlète, vice-champion olympique du 1 500 m en 1960) : "J'ai de multiples souvenirs avec lui. Depuis 1956, je peux dire que j'ai vécu en permanence avec Mimoun. C'était quelqu'un qui avait un caractère très fort, et très souvent, les gens de la fédération nous mettaient ensemble en chambre lors des compétitions. Je l'appelais tous les ans, le premier janvier, pour lui souhaiter son anniversaire".

Bernard Amsalem (président de la Fédération française d'athlétisme) : "Alain Mimoun disait Sans Zatopek, Mimoun n'existe pas !. Quelle humilité pour ce grand champion et cet homme exceptionnel. Mimoun était plus qu'une légende, un nom emblématique. Par son abnégation, sa persévérance et son panache, il avait tout simplement construit la légende des Jeux olympiques modernes. Il incarnait cette recherche permanente du dépassement, le respect de ses adversaires et l'amour pour son pays. C'est une triste journée pour le sport français."

Jean Gracia (Directeur général de la Fédération française d'athlétisme) : "Le décès d'Alain Mimoun est une grande perte pour l'athlétisme et le sport français en général. Nous regretterons tous sa personnalité haute en couleur et ses nombreuses anecdotes qu'elles soient sportives ou historiques. C'est bien plus qu'un athlète qui est parti. C'est un patriote mais surtout un ami qui nous quitte."

De plus, François Hollande a évoqué les liens du champion disparu avec la Corrèze. Le président de la République a parlé de l'épouse d'Alain Mimoun, Germaine, qui était originaire de Tulle. Il aussi mentionné les liens du champion olympique avec Jacques Chirac, et la création du Centre sportif de Bugeat dont Alain Mimoun fut le "parrain" et qu'il contribua à populariser auprès du monde sportif. Ce centre porte désormais le nom du vainqueur du marathon de Melbourne.

1956, Melbourne.

1956, Melbourne.

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