Paris a bien grandi
Vainqueur de Chelsea hier, en huitièmes de finale de la Champions League, le PSG a démontré qu'il avait appris de ses expériences européennes. Quatre ans et demi après l’arrivée des Qataris à sa tête, Paris a grandi et mûri, au point de s’être installé parmi les grands d’Europe.

La performance est à la fois inédite, historique et symbolique. En éliminant pour la deuxième année consécutive Chelsea au stade des huitièmes de finale, le PSG est devenu la première équipe française qualifiée quatre saisons de suite en quarts de la Ligue des Champions. Comme un symbole faisant écho aux déclarations de son attaquant star Zlatan Ibrahimovic, lequel expliquait mardi, dans un show pensé et préparé, que Paris était « né il y a trois ans et demi ». Comprenez le jour de son arrivée dans la capitale. Termes mal choisis, certes, irrespectueux sans doute, mais pas totalement faux. Chaque année, ce PSG version QSI écrit l’histoire, progresse et s’améliore, portant un bien pauvre football français au niveau continental.

Pour la quatrième fois donc, Paris fait partie des huit meilleures formations européennes. S’il a échoué lors de ses trois premiers essais, le triple champion de France (quadruple dès ce dimanche ?) pourrait enfin passer le cap et atteindre le dernier carré, où sont abonnés le Barça, le Bayern Munich et le Real Madrid. Trois places sur quatre sont prises, il en reste une. Assurément, ce PSG-là doit devenir la quatrième locomotive. La maîtrise affichée à Stamford Bridge le prouve, Paris se rapproche d'un cercle extrêmement fermé, celui des très grands d’Europe.

Éviter le Barça et le Bayern en quarts

Il y a un an, les Parisiens se qualifiaient sans gagner face à Chelsea ! Douze mois plus tard, Paris fut trop fort pour les Londoniens, battus 4-2 sur l'ensemble de la confrontation, et qui ne trouveront rien à redire sur leur élimination. Ce qui était un exploit (« Héroïque » titrait au lendemain de la qualification le quotidien L’Equipe) en mars 2015 est aujourd’hui devenu une logique, implacable. Mais voilà Paris face au grand défi de sa jeune mais riche histoire : rejoindre les demi-finales pour la première fois depuis 1995. Bâti à coup de millions pour remporter la plus prestigieuse des Coupes, le PSG attend maintenant de connaître son adversaire pour le prochain tour.

Le tirage au sort qui se tiendra le 18 mars sera décisif car, depuis 2013, le meilleur représentant français en Coupe d’Europe se fait sortir soit par plus fort (Barcelone en 2013 et 2015), soit par aussi fort (Chelsea en 2014). Et si, pour s’imposer dans cette compétition, il faut être capable de prendre n’importe quelle équipe, mieux vaut prendre les meilleures le plus tard possible. Pour les quarts, le souhait des dirigeants parisiens est donc d’éviter les deux formations aujourd'hui supérieures au PSG, à savoir le FC Barcelone et son trio d’attaque Messi-Suarez-Neymar, et le Bayern Munich de Robert Lewandowski. Tous les autres clubs semblent prenables, y compris le Real Madrid de Zinédine Zidane, dont les largesses défensives affichées contre la Roma, mardi, ne pardonneraient pas face aux Parisiens. Au gré des saisons, ce nouveau PSG évolue, apprend de ses erreurs et corrige ses défauts… mais nul doute qu'une nouvelle sortie de route en quarts serait une catastrophe pour le projet qataris.

Crédit photo : Panoramic

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