Nous y sommes ! Avec le tirage au sort de la phase de groupes, effectué samedi au Palais des Congrès de Paris, l'Euro 2016 a bel et bien débuté. La France, qui accueille la compétition, peut l’aborder sereinement. La Roumanie, l’Albanie et la Suisse seront ses adversaires. Analyse.

Deux lectures peuvent être faites à la vue du groupe de l’équipe de France, qui comporte trois équipes largement à sa portée. Les Bleus ont hérité de La Roumanie, de l’Albanie et de la Suisse. La première lecture sera celle des supporters, eux qui espèrent voir leur équipe aller le plus loin possible, évidemment. Sauf cataclysme, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. La France devrait sortir première de son groupe, en remportant ses trois matches et devant un public acquis à sa cause. La Roumanie, qui ouvrira le bal avec Didier Deschamps et ses hommes, lors du match d’ouverture le 10 juin au Stade de France, n’a jamais battu la France en compétition officielle. L’Albanie, si elle a remporté la dernière confrontation entre les deux sélections (13 juin dernier, 1-0), s’est inclinée lors de ses quatre matches qui comptaient (qualifications des championnats d’Europe 1992 et 2012). La Suisse enfin, reste sur une lourde défaite 5 buts à 2 durant la dernière Coupe du Monde, son dernier succès face à son voisin remonte à bientôt vingt-quatre ans. Pas de quoi avoir peur donc sur le papier. La deuxième lecture, certainement plus objective, laisse un goût amer. Nous, amateurs de football, aurions aimé avoir une belle affiche dès ce premier tour, simplement pour être fixés. Affronter la Suède de Zlatan Ibrahimovic ou bien la Croatie du duo Rakitic - Modric, aurait donné un petit aperçu des capacités du groupe France à briller dans son Euro. Il n’en sera rien. Il pourra débuter sans grande difficulté dans ce mini-championnat, comme ce fut le cas au mondial brésilien. Souvenez-vous… Une entrée en matière relativement facile contre le Honduras et la Suisse (tiens, tiens !), avant de faire tourner l’effectif face à l’Équateur et de disposer du Nigéria en huitièmes. Le premier adversaire de son calibre (ndlr : l’Allemagne), la France l’avait affronté en quart de finale et s’était inclinée. Se tester face à un potentiel favori dès ses premiers matches, cela permet parfois de s’enlever une sorte de pression, de blocage pour la suite de la compétition. Face aux Allemands, on se souvient d’une entame de match pénible qui avait plombé l’équipe de France. On ne verra toutefois pas Deschamps et ses joueurs venir se plaindre du tirage au sort, qui fut encore une fois très épargnant à l’égard de la France.

Les trois matches de l'Équipe de France

Le vendredi 10 juin à 21 heures : France - Roumanie (Stade de France à Saint-Denis)

Le mercredi 15 juin à 21 heures : France - Albanie (Stade Pierre-Mauroy à Lille)

Le dimanche 19 juin à 21 heures : Suisse - France (Stade de Lyon)

 

Vers un affaiblissement de l’Euro

D’autant que sur vingt quatre nations présentes en juin prochain, seize sortiront de la première phase. Les deux premiers de chaque poule, ainsi que les quatre meilleurs troisièmes accéderont aux huitièmes de finale. Cet élargissement du nombre de pays qualifiés, instauré par le président de l’UEFA Michel Platini - suspendu provisoirement jusqu’au 5 janvier -, a fait grincer des dents. Et pour cause… fini la légende de « l’Euro plus difficile et plus intense que la Coupe du Monde ». Cet Euro, jusque-là réservé à l’élite du football européen, s’est ouvert et permet à beaucoup d’équipes d’avoir leur chance. C’est pourquoi des nations comme l’Islande, l’Albanie, la Slovaquie, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord sont présentes pour la première fois de leur histoire sur la scène continentale. On ne va certainement pas leur en vouloir. Il est en revanche possible de se poser la question de l’intérêt sportif de cette décision, qui élargit le nombre de participants, mais aussi le nombre de rencontres. Cinquante-et-un matches au lieu de quarante-trois. Il faut savoir que chaque match d’un Euro est observé par près de cent-cinquante millions de téléspectateurs à travers le monde, les recettes sur la billetterie et les droits télévisés seront forcément affectées positivement. L’UEFA, tout comme le pays organisateur, ne peut pas négliger cet aspect qui lui bénéficiera financièrement. Mais où sera l’intérêt du premier tour puisque seulement un tiers des nations ne se retrouveront pas en huitièmes… Et pas d’illusion, aucun favori ne figurera parmi celles-ci. Conséquence, une équipe peut perdre deux de ses trois matchs de poule et jouer la finale au Stade de France trois semaines plus tard. Un tel scénario serait, bien sûr, totalement inédit lors d’un Euro, la qualification se décidait jusqu’alors, à minima, à hauteur de quatre points (une victoire et un nul), mais il est envisageable dans cette nouvelle configuration. Platini et son instance se défendent de parler d’un choix plus politique que sportif. L’ancien meneur de jeu des bleus, vainqueur et meilleur buteur du dernier championnat d’Europe organisé dans l’hexagone, a d’ailleurs toujours soutenu ce passage à vingt-quatre. « Il y a des pays moyens qui veulent se qualifier pour un Euro et qui souffrent quand ils n'y arrivent pas », avait-il expliqué, en 2008, lorsque la réforme fut adoptée.

 

Les autres forces en présence

Dans une telle configuration, difficile d’imaginer une élimination précoce de l’Allemagne, de l’Angleterre ou du Portugal, qui joueront toutes les trois une poule à leur portée.  Ces trois nations, placées samedi dans le chapeau 1, partent largement favorites pour finir en tête de leur groupe. Les champions du monde débuteront face à une belle équipe de Pologne, qu’elle a affronté lors des éliminatoires, avant d’enchaîner face à l’Ukraine et l’Irlande du Nord. L’Angleterre, elle, défiera la Russie, la République Tchèque et le Pays de Galles. L’un des groupes les moins relevés sur le papier est peut-être celui du Portugal. La sélection de Cristiano Ronaldo affrontera certes l’Autriche de David Alaba, invaincue dans la phase éliminatoire, mais aussi l’Islande et la Hongrie. Pour les deux autres têtes de séries, l’Espagne et la Belgique, le tirage a été moins clément. Le double tenant du titre est tombé sur la Croatie, la République Tchèque et la Turquie. Les Croates ont accroché par deux fois l’Italie, en éliminatoires, alors que les Tchèques et les Turcs ont sorti les Pays-Bas. Ce n’est pas le tirage le plus facile pour Iniesta et ses copéquipiers, qui auront à coeur de se racheter après une Coupe du Monde désastreuse. Mais ils ont sans doute évité le pire ! La Belgique, première nation au classement FIFA, se voit offrir un retour sur la grande scène européenne particulièrement compliqué. Elle jouera son premier match dans un championnat d’Europe depuis 2000, le 13 juin, contre l’Italie. Dans ce groupe que certains surnomment déjà « groupe de la mort », mais qui n’en est en réalité pas un puisque trois équipes sur quatre sont en mesure de se qualifier, La Suède de la superstar parisienne Zlatan Ibrahimovic fait également figure d’outsider. S’il y avait des équipes à éviter dans les chapeaux 2 et 3, c’était bien l’Italie et la Suède. Manque de pots pour les Reds Devils, les pots du tirage au sort leur ont attribué ces deux pays. Les Belges vont au moins avoir la possibilité de se tester rapidement. Le dernier composant de cette poule E, où le niveau semble être le plus homogène, est la République d’Irlande (« L’Eire »)… une vieille connaissance de l’équipe de France. 

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Photos : AFP

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