Castres plus vivant que jamais

Ils ont fendu la masse des supporters à la descente du bus. De cette mer bleue et blanche qui s’écartait émanait une certaine tension, quelque chose de spécial qui allait se passer une heure et demie plus tard sur le pré. Il y a de la crispation dans chaque tribune de l’antre Pierre-Antoine. On est assis sur son siège et on suit sur son portable les résultats des matchs qui se jouent avant le choc de la soirée. Les mauvaises nouvelles venant de Brive et de Bayonne tombent au fur et à mesure. Même la défaite de Lyon ne satisfait personne, et il reste une place à ne pas prendre. Le CO doit rentrer en éruption face à Clermont, la victoire est capitale.

Geoffrey Palis l’avait répété cette semaine, face à Clermont les castrais se devaient de faire une bonne entame. Les consignes semblent être respectées sur la première action, Lamerat et ses coéquipiers sont déchaînés, Parra est renversé. Pourtant deux minutes plus tard, sur la première incursion auvergnate dans le camp castrais, Clermont répond. Une chandelle montée par Lopez dans les 22 mètres, Buttin est dessous et trouve le soutien de Rougerie puis Guildford qui la remet à Buttin qui aplatit pour un premier coup de froid sur Pierre-Antoine.

Castres plus vivant que jamais

On va aussi le répéter mais la venue de Mauricio Reggiardo a métamorphosé le pack castrais. Clermont a été dominé en mêlée et sur les mauls le tracteur castrais a à chaque fois avancé sur plusieurs mètres. Quand il faut prendre le relais des avants, on exploite les ballons derrière, Lamerat avance, et Grosso lancé par Rémi Talès abat les derniers défenseurs sur son passage. Quand Talès sort, c’est Dumora qui lance le monstre et au final le surpuissant ailier signe un coup du chapeau. La patte Reggiardo ou pas, mais comme contre Bordeaux, le groupe castrais est revenu sur la pelouse quelques minutes avant la reprise : un ou deux aller-retour et quelques charges sur les boucliers. Le sage argentin est vu comme le Marcelo Bielsa du CO. Il ne serait pas étonnant que dans les semaines qui suivent le slogan « Mauricio no te va » se répande parmi les supporters bleus et blancs. Lui, n'est pas "loco" mais est une locomotive qui a remis Castres sur les bons rails

Le match dans le match

Rémi Talès après un passage à vide, revient au meilleur de sa forme sur ces derniers matchs. C’est même un nouveau Rémi Talès que l’on découvre : plus animateur, attaquant plus la ligne, il crée et est présent dans les bons coups. Dans le jeu, la charnière castraise est bien plus agressive et dynamise plus le jeu. Seul bémol, pour Rory Kockott qui a vu tous ses tirs au but fuir les perches en première mi-temps (3 échecs).

Kockott qui regarde Parra: le castrais a pris le dessus
Kockott qui regarde Parra: le castrais a pris le dessus

Face à Talès, Lopez son homologue s’est bien distingué. Une interception en deuxième mi-temps qui manque d’aller au bout à un moment du match où le score était encore étriqué. Dans le secteur défensif par contre, la charnière clermontoise a été un cran en dessous des castrais qui ont repoussé chaque attaque. Sous les yeux de Patrice Lagisquet et de Jean-Claude Skrela, certains castrais ont peut-être gagné le ticket pour l’Angleterre : « si le sélectionneur ne se trompe pas, Kockott, Talès, Lamerat, Grosso méritent la Coupe du Monde » racontait Mauricio Reggiardo après la rencontre.

Morgan Parra est clairement passé à côté de son match. Remplacé à la 56ème par Rado, il a couté le premier essai castrais, l’essai de la révolte.

Le petit gros point de bonus

Il n’y avait pas beaucoup de monde qui aurait pu imaginer ce scénario avant le match. Que le CO prenne 5 points contre Clermont, beaucoup voyaient cela comme un rêve. Les cinq essais castrais ont montré toute l’étendue de la palette castraise : solide devant avec l’essai de Forestier, créatif avec l’essai de Sivivatu et deux de Grosso, et exploitant les ballons de contre avec le dernier de Grosso sur une interception de Dumora. « Sans manquer d’humilité, on pouvait en marquer plus » expliquait le sage argentin. « Le point de bonus offensif n’est pas petit, il est énorrrrrrrrme » ajoutait le consultant dans son style si charismatique en roulant les ‘r’.

Sivivatu marque face à ses anciens coéquipiers, Lamerat lève les bras. Le CO a fait son devoir.
Sivivatu marque face à ses anciens coéquipiers, Lamerat lève les bras. Le CO a fait son devoir.

Castres a du répondant

Bayonne s’imposant avec le bonus, Brive gagnant aux pénalités, la victoire à cinq points était finalement quasi obligatoire. Avec Bayonne, bien qu’étant douzième, le CO fait la bonne opération en revenant à un point de Brive qu’il recevra lors de l’avant-dernière journée. Finalement, c’est Grenoble le grand perdant de la journée, qui est à un point devant Castres et Bayonne et a peut-être le calendrier le plus difficile en recevant Clermont et Toulouse. Et Castres, face à ces trois concurrents a aussi l’avantage, en gagnant Brive de plus de sept points d’écart, d’être devant au goal average particulier en cas d’égalité. On se souvient que l’année dernière, cela s’était joué sur une histoire de pénalités lors d’un match entre Oyonnax et Perpignan.

Il s’est donc passé quelque chose à Pierre-Antoine, plus que ce qui était espéré avant le match. Après le match, les supporters sont longtemps restés à attendre les joueurs sortir ou à rester aux différentes bodégas du stade : cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu cela. On revit la joie de l'année du titre.

Partageant ces moments avec les clermontois, les supporters castrais n’ont pas manqué de porter leur soutien aux jaunes et bleus pour la finale de la Champions Cup samedi prochain contre Toulon. Toulon où le CO se rendra dans quinze jours avec ambition de ne pas rester dans la rade.

A Castres (81). Stade Pierre-Antoine. 10 112 spectateurs. Arbitre : Christophe Berdos (Armagnac-Bigorre).

23ème journée de Top 14. Coup d’envoi : 20h45. Mi-temps : 10-7

-Evolution du score : 0-7, 5-7, 10-7, 17-7, 17-10, 24-10, 31-10

Castres

Essais : Grosso 29’, 39’, 76’, Sivivatu 52’, Forestier 71’

Transformations : Kockott 53’, 72’, 77’

Réussite : Kockott 3/7

Clermont

Pénalité : Lopez 59’

Essai : Buttin 3’

Transformation : Lopez 4’

Réussite : Lopez 2/4

Merci à Patrick Olombel pour ses photos.
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