PSG-OM : Un clasico au rayonnement mondial

Le hasard fait bien les choses, Canal le sait mieux que quiconque. Demain soir, le Paris Saint-Germain recevra l'Olympique de Marseille au Parc des Princes pour le compte de la treizième journée de ligue 1... 30 ans jour pour jour après le premier match de division 1 diffusé sur la chaîne cryptée (Nantes 1-0 Monaco). Il fallait bien une affiche de ce niveau pour couvrir l'évènement. Retour sur une rivalité vieille de plus de 20 ans.

A l'origine, une affiche artificielle

Oui, la rivalité Paris/Marseille dépasse le simple cadre du football, mais ce qui nous intéresse, nous fans de football c'est la rivalité entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille. Cette affiche comporte des histoires, des souvenirs qui vous ont forcément marqué, et pourtant la rivalité n'est que pur coup marketing, tout est affaire de "pognon" évidemment. Dans leur ouvrage intitulé "PSG-OM, histoire d'une rivalité" Daniel Riolo et Jean-François Pérès nous retracent "le classique" depuis son commencement. Au début des années 90, tandis que l'OM dominait sans partage un championnat sombré dans la lassitude, il devenait urgent de réinventer quelque chose, de le pimenter pour passionner à nouveau. Tant pour canal + que pour Bernard Tapie (lequel déclarait par ailleurs "Seuls en haut, on se fait chier"), l'idée de créer un choc entre la capitale historique du foot français, deuxième ville de France et la capitale géographique, région qui réunit 1/6è de la population française apparaissait comme une évidence. C'est pour cela qu'en 1991, Canal + décide de racheter le PSG pour en faire un club capable de rivaliser avec la puissante armada marseillaise du début des années 90. Voici comment s'est créé le classique du football français. Artificiel donc, ce "clasico" ? Oui mais pas moins marquant et passionnant.

Paris a tout à perdre

Dimanche soir sous les coups de 21 heures, la planète football toute entière aura les yeux rivés sur la capitale (plus de 42 diffuseurs). Paris - Marseille, c'est LE match du week-end tous championnats confondus. Le premier se déplace chez son dauphin avec un petit matelat au classement qui lui assurera de rester leader à l'issue de la rencontre (4 points séparent les deux équipes après douze journées). La pression est par conséquent sur le Paris Saint-Germain qui a obligation de ne pas perdre sous peine de voir son plus grand adversaire prendre le large. Qui aurait pu prévoir un tel scenario il y a trois mois ? Pas grand monde tant Paris a dominé le dernier exercice (29 points séparaient les deux rivaux en fin de saison dernière). C'est d'autant plus surprenant que l'OM compose avec la même équipe que l'an dernier, la plupart des recrues étant cantonnées au banc de touche. Le match n'arrive t-il pas aussi à point nommé tant l'OM semble au sommet de son art et que Paris retrouve peu à peu son niveau de jeu ? Certainement. Tous ces éléments viennent donner encore un peu plus de saveur à cette affiche qui n'en manque pas. VOUS NE POUVEZ PAS LOUPER CE MATCH !!!

Notre top 3 clasicos

1 : 29 mai 1993 : Olympique de Marseille 3-1 Paris Saint-Germain : Trois jours après sa victoire en Ligue des Champions, l'OM affronte le Paris Saint-Germain au Vélodrome. Encore dans l'euphorie (certains disent même bourrés), les olympiens vont signer une impressionnante victoire 3 buts à 1 grâce à une nouvelle tête de Basile Boli de l'entrée de la surface de réparation, à la suite d'un superbe mouvement collectif. Pour Mohamed Bouhafsi (journaliste RMC/BFM) c'est peut-être LE plus beau but de l'histoire du championnat de France.

2 : 9 mars 2003 : Olympique de Marseille 0-3 Paris Saint-Germain : Il ne devait pas le jouer, ce match... mais au final il a produit un récital. "Il", c'est RONALDINHO. Le brésilien a sans aucun doute réalisé son meilleur match sous les couleurs parisiennes. Comme au match aller, 'Ronnie" humilie la défense marseillaise à coup de virgules, pichenettes et chevauchées dont il a le secret. A son compteur, un but et une passe décisive ainsi que l'une des plus belles victoires du club de la Capitale en Province.

3 : 20 décembre 1992 : Paris Saint-Germain 0-1 Olympique de Marseille : Le match qui a tout changé et le début d'une rivalité. Pour la première fois, le clasico commence avant même le coup d'envoi à travers des déclarations fracassantes telles que "On va leur marcher dessus" (Artur Jorge entraîneur du PSG) ou encore "ça va être la guerre" (David Ginola). Bernard Tapie affiche les provocations parisiennes dans le vestiaire phocéen avant le match pour motiver ses joueurs. Sur le terrain, on assiste à une véritable boucherie ! Plus de 50 fautes seront sifflées avant le but d'Alen Boksic qui offre la victoire à l'OM. Sans doute l'un des pires affrontements entre les deux équipes, mais quelle intensité ! CA C'EST LE CLASICO.

Le clasico qu'on aurait aimé éviter :

28 février 2010 : Paris Saint-Germain 0-3 Olympique de Marseille :Certes, ce qui fait la beauté de cette rencontre c'est avant tout la qualité du match et le résultat mais celle-ci nous laisse un goût très amer. "50 clasicos ne vaudront jamais une vie" voilà ce que nous a répondu Mohamed Bouhafsi en évoquant ce souvenir douloureux. S'il fallait encore convaincre les sceptiques que les mesures de sécurités autour de ce match étaient nécessaires... Les faits : Des affrontements entre groupes de supporters parisiens protestants contre les mesures visant à interdire le déplacement des supporters adverses éclatent. Ces violences causeront la mort d'un membre du KOP Boulogne. Cette fois, c'est trop. A partir de ce soir-là, le clasico a radicalement changé.

Que disent les chiffres ?

Les clasicos en règle générale (à Paris comme à Marseille) : Egalité parfaite

32 victoires parisiennes

20 nuls

32 victoires marseillaises

212 buts inscrits (106 de chaque côtés)

Les clasicos au Parc des Princes (PSG-OM) : L'om loin d'être ridicule

16 victoires parisiennes

10 nuls

9 victoires marseillaises

86 buts au Parc (49 pour Paris, 37 pour Marseille)

La série en cour toutes compétitions confondues : Avantage Paris

Cinq victoires d'affilées pour le PSG au Parc des Princes (six si on rajoute les rencontres au vélodrome).

Le joueur le plus capé lors des "classiques" entre Paris et Marseille : Sylvain Armand (PSG de 2004 à 2013) avec 16 matchs.

Les co-meilleurs buteurs lors des confrontations Paris-Marseille : Pedro Miguel Pauleta et Zlatan Ibrahimovic avec 6 buts chacun.

La rencontre de dimanche soir sera difusée dans 160 territoires pour un total de 42 diffuseurs

Crédit photo : (BERTRAND LANGLOIS / AFP)
Retour à l'accueil