Giorgi, un pilier en OR.

En Géorgie, soit tu es judoka, soit tu deviens pilier dans une équipe de rugby. À l'instar de Giorgi Menabdishvili, pilier du SC Tulle, être un avant c'est dans les veines d'un Géorgien. Giorgi, c'est le joueur très décontracté, sourire jusqu'aux oreilles, patient, agréable, généreux et sympathique. Cela fait cinq ans qu'il joue en France. Champion de ProD2 avec Grenoble, évoluant au LOU ou encore à St Médard en Jalles, Giorgi est arrivé à Tulle cette année.

Nous vous proposons de découvrir ce Géorgien au grand cœur et avec une petite touche d'humour en plus.

Qui est Giorgi ?

« Avant de faire du rugby, j'ai fait du judo à 5 ans car le judo est un sport national en Géorgie, puis vers mes 15 ans je me suis mis au rugby. »

Nous avons demandé à Giorgi comment il se sentait au SCT, « il y a une très bonne ambiance ici à Tulle, j'avais des contacts avec le staff l'année dernière mais pour des problèmes de licence je n'ai pas pu jouer, cette année on a tout réglé. Je m'entends très bien avec le staff, avec les joueurs et avec le président. »

Alors que le match Grenoble-Brive s'est clos sur un score très serré, Giorgi nous a confié que quand il regardait Grenoble jouer, les bons souvenirs ressurgissaient. En effet, pour sa première année en France, le Géorgien a évolué sous les couleurs du FCG, un club qu'il connait donc bien pour y être resté pendant deux ans. « J'en garde c'est de très beaux et bons souvenirs, c'était mon premier club en France, je ne savais pas trop comment ça marchait ici, je ne connaissais pas le niveau de rugby, c'était nouveau pour moi. J'ai joué deux ans là-bas avec une super équipe. »

Judo et rugby même combat.

Puis, nous l'avons questionné sur le jeu français et le jeu géorgien, sur les différences entre ces rugbys. « La Géorgie est un petit pays où il n'y a pas beaucoup de joueurs. Le niveau en France est beaucoup plus élevé. On a que deux divisions comme le TOP14 et la PROD2. La première c'est l'équipe nationale et la seconde c'est comme la Fédérale 1. Mais depuis quelques années, le niveau en rugby a augmenté. Il y a beaucoup plus de personnes qui s'intéressent à ce sport. »

Comme nous vous le disions plus haut, être pilier, c'est être Géorgien en quelque sorte et pour Giorgi, c'est un poste « important qui décide souvent de l'issue du match. » Puis, il nous a en quelques mots expliqué pourquoi la plupart des joueurs de rugby géorgiens étaient des avants. « Dans la sélection nationale, les avants jouent tous en France alors que les trois-quarts évoluent en Géorgie. On a un problème de trois-quarts car on en a pas assez. Avant que le niveau s'élève, on utilisait encore l'ancienne technique, jouer en poussant comme en mêlée et on n'avait pas besoin des trois-quarts. Maintenant on voudrait intégrer, les arrières. Et puis, le judo c'est notre sport national, donc, si tu demandes à d'autres piliers géorgiens, ils vont te dire qu'ils ont fait du judo avant. »

Giorgi, un pilier en OR.

Une envie de jouer contre les grands.

Si Giorgi a été capitaine des moins de 19 ans et qu'en plus, il a remporté le championnat européen à Cannes, il n'en démord pas avec cette idée que les pays comme la Géorgie ou encore la Roumanie évoluent dans un Championnat comme les Six Nations B, où le niveau est inférieur à celui des équipes européennes, Néo-Zélandaises, Australiennes ou encore Sud-Africaines. « On ne joue pas souvent contre les grandes nations du rugby, et pourtant, si on jouait contre ces grandes équipes, on pourrait s'inspirer et notre niveau augmenterait. Cela fait 5-6 ans que l'on est champions des Six Nations B. Certes on est les meilleurs dans notre Championnat mais on est bien inférieurs aux autres équipes. Si tu joues 1 ou 2 fois contre ces équipes, ton niveau évolue. » Giorgi prend l'exemple de l'Argentine, qui a enfin gagné un match lors des Four Nations, il nous explique que cette équipe était comme la Géorgie et qu'en jouant contre l'Afrique du Sud ou la Nouvelle Zélande elle a su adapter son rugby et gagner contre de grandes équipes, « les Argentins, ont progressé. »

Puis, Giorgi est revenu sur la raison pour laquelle il est venu en France, il nous explique notamment que « quand tu vas dans un autre pays, tu te dois de tout aimer parce que c'est nouveau et puis parce que ce pays t'offre l'opportunité de gagner de l'argent. Tu dois le respect aux personnes et ils te doivent aussi le respect. Il faut savoir s'adapter. »

Petit plus.

Pour finir, Giorgi, nous a indiqué qu'il apprécie le fromage et le vin. « En Géorgie nous avons du vin et nous le faisons comme en France. Je suis très proche des vendanges parce qu'on fait la même chose dans mon pays. L'année dernière quand j'étais à St Medard, c'était proche de Bordeaux et il y avait de bons vins. »

Giorgi Menabdishvili a également un surnom que ses proches lui ont donné. En Géorgie, « c'est BETEERI, c'est comme un tank mais avec des pneus. Quand j'étais petit j'étais costaud et du coup on m'a appelé comme ça. Mais c'est trop long alors c'est devenu BETO »

Nous souhaitons donc un bon match à Beto qui demain affrontera Périgueux avec le SCT. Et nous le remercions encore pour son Français, pour sa disponibilité et aussi pour sa bienveillance.

Giorgi, un pilier en OR.
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