Cinq conclusions du Dauphiné:

C'est l'heure de rendre les comptes! Depuis la victoire au général d'Andrew Talansky, dimanche dernier, le cyclisme se projette déjà sur leTour de France!

1.Rien ne sert de courir; il faut partir à point:

Dès le début du Dauphiné, Chris Froome a pris les rênes en s’imposant sur le prologue et la 1ère étape. Les fans de vélo étaient désormais habitués à la prise précoce du pouvoir par le leader de la Sky mais cette fois-ci, cela allait être différent. Le train noir maîtrisait parfaitement la course jusqu’aux 2 derniers kilomètres de la 7ème étape.

Alberto Contador, son dauphin au classement général, rentre alors dans l’arène. Et c’est avec une forme incroyable qu’il prend le maillot jaune. Froome explique cette faiblesse par la chute qu’il a subie en début de course. Le lendemain, tout semblait sacrer le champion espagnol revenu à son meilleur niveau mais c’était sans compter une échappée de 20 coureurs!

Vous me direz, « 20 coureurs?! Il y a souvent de grosses échappées sur le Tour, il n’a pas à s’inquiéter! »

Le problème est que cette échappée était si énorme que personne n’a vu le 3eme, le 5eme, le 7eme, le 10eme, le 12eme du général sortir!

Froome décide de sortir du peloton pour isoler Contador (ce qui a marché, pour précision!).

Après les attaques réussies de Nibali et de Kelderman, le maillot jaune se lance enfin à la poursuite de la vingtaine d’hommes et lâche Froome.

Après, tout le monde connait la fin de la fable, celui qui n’a pas fait parler de lui, qui a su attendre le bon moment, a gagné le 66e Critérium du Dauphiné. La tortue Talansky peut être fier de sa manoeuvre.

Alors, maintenant, pour le prochain Tour de France, qui reconsidérera sa place de lièvre?

2. Contador le phoenix?

Le duel Froome-Contador monte encore d’un niveau. Cette fois-ci, le Conquistador revient plus fort que jamais pour mener une nouvelle bataille.

Qui se souvient du Dauphiné de Contador, l’an dernier?

Peu de monde répondront favorablement. Il faut avouer qu’il avait fini 10e et avait été assez invisible tout au long de la course.

Soyons honnêtes, il n’y a pas que le Dauphiné de l’an dernier qui était désastreux mais bien toute la saison. Le champion espagnol s’était un peu égaré après sa période d’absence mais cette année sera différente.

Les stages en altitude sont la recette de cette bonne forme comme le confie le leader de la Saxo à l’Equipe:

« J’arrivais à avoir de beaux résultats sans stage en altitude. Quand on me posait la question, je répondais que cela ne servait à rien de changer une recette qui marchait. Mais cette année, j’ai franchi et les choses fonctionnent très bien. J’espère que cela va continuer. »

3. Mon équipe est mieux que la tienne!

Alors que Froome était toujours bien entouré de son train noir, Alberto Contador s’est retrouvé sans équipier lors de la dernière étape du Dauphiné.

Le talon d’Achille de Contador serait-il son équipe?

Aucune équipe n’encadre son leader aussi bien que la Sky mais la Tinkoff-Saxo a quand même des progrès à faire.

Il manque à Contador le Richie Porte de Chris Froome. Dans les étapes de montagne, c’est ce qui fera la différence et ça El Pistolero l’a bien compris.

A tous les fans d’Alberto qui se sont inquiétés lorsqu’ils l’ont vu seul, vous pouvez respirer de nouveau car l’équipe du Dauphiné ne sera pas celle du Tour!

« Les jambes ont bien répondu mais je n'avais pas mon équipe du Tour. » déclare Alberto à L’Equipe. »

On peut déjà imaginer que l’Australien, Michael Rogers accompagnera le leader de la Tinkoff sur le Tour avec son fidèle coéquipier, Jesus Hernandez Blazquez. Pourquoi n’imaginerait-on pas Kreuziger aller au Yorkshire?

4. Nibali boude-t-il la France?

Une autre conclusion de ce Critérium du Dauphiné est l’absence de jambes de Nibali. Privé de son tour national pour disputé le vrai Tour, le requin de Messine s’est retrouvé en difficulté sur certaines étapes. Il était tout simplement hors de la bataille. Il avoue avoir manqué de jambes mais reconnait qu’il y a eu une progression entre la première et la dernière étape.

Comme il le confie à la Gazzeta dello Sport « Il y a encore 20 jours avant le départ du Tour et un mois avant les étapes décisives, je suis dans les temps. »

Alors… est-ce que le Sicilien se sera transformé à temps en Jack Bauer pour respecter son timing?

5. Les jeunes à l’attaque!

On ne pouvait pas parler du Dauphiné sans aborder les performance de Wilco Kelderman ou encore de Romain Bardet!

Professionnels depuis 2012, ces deux jeunes se sont montrés très offensifs et très talentueux face à des cadors comme Froome ou Contador.

Romain Bardet, nouvel espoir des Français, confirme sa 15eme place de la grande boucle 2013 et la défense de son titre de premier Français pour le Tour à venir.

Wilco Kelderman, malgré un prénom de groupe de rock, le jeune produit de la Rabobank Continental ne possède que des places d’honneur dans des courses prestigieuses ( 5e du Tour de Romandie, 6e du Tour Down Under, 7e du Tour d’Italie…). Ces performances sont plus qu’encourageantes pour l’avenir de Kelderman et peut-être que Joop Zoetemelk a enfin un descendant.

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