Demain débutera la 97ème édition du Giro, course qui se terminera le 1er Juin, c'est à dire 24 jour après le début de la course. Si les grands tours ont pris l'habitude de durée 23 jours (21 jours de course et 2 de repos), les organisateurs ont ajouté une journée de repos au programme cette année, justifié par le long temps de transport entre Dublin et Giovinazzo. Cette première journée de repos intervient seulement trois jours après le grand départ à Belfast, mais ils ne pouvaient pas y avoir d'autre solution étant donné les 3H25 de temps de vol entre Dublin et Bari. Le parcours compte 3450 kilomètres, dont 94,9 kilomètres de contre-la montre(avec un par équipe). Il compte également énormément de pente, avec pas moins de neuf arrivées au sommet, dont cinq en haute montagne

Les coureurs s'élanceront donc demain de Belfast, pour le chrono par équipe. Discipline très compliqué, le contre la montre par équipe demande une grande cohésion entre les neuf coureurs, mais aussi et surtout une grande technique. Si le tour d'Italie ne se jouera pas dès la première étape, certains favoris peuvent y perdre un temps précieux.

Si peu d'étapes seront réservés aux sprinteurs, les deuxième, troisième et quatrième étapes ont été faites pour eux. Interrompu par la première journée de repos du parcours, ces trois étapes permettront de distribuer un bon nombre de points pour le classement du meilleur sprinteur, ainsi que les premiers points du classement de la montagne. Les explications plus sérieuses ne commenceront que plus tard.

Les deux étapes qui suivront sont plutôt dessinées pour les puncheurs, avec des cols ni trop long ni trop raides mais tout de même quelques forts pourcentages (pas plus de 15,5 %, je vous rassure). Si ces étapes ne lanceront probablement pas le combat au maillot rose, elles donneront quelques indications sur la forme des favoris.

Ensuite viendra la septième étape, qui sera de nouveau réservée aux sprinteurs. Elle marquera la fin du premier tiers de la course, mais elle est également la quatrième étape réservée aux sprinteurs, il y en aura huit en tout.

Huitième étape, c'est le début de la course au maillot rose. Si très peu seront déjà hors course, tous sauront si oui ou non ils ont une chance de figurer sur le podium final. L'étape suivante épuisera probablement les organismes, avec une montée finale avec des passages à 13% sur une ascension longue de 10,7 kilomètres. La journée de repos du lendemain fera du bien aux coureurs qui auront déjà abattu plus de 1550 kilomètres.

Le lendemain de la journée de repos aura lieu une étape de transition, qui se terminera sûrement au sprint ou bien sera remportée par un heureux échappé. La onzième étape verra peut être un sprint massif, ou bien une échappée allant au bout. Ce qui es sur c'est qu'elle ne donnera pas lieu à une explication entre les favoris.

La douzième étape est un contre la montre, le premier en solitaire sur ce tour d'Italie. Le parcours accidenté de ce chrono peut creuser des écarts avant l'arrivée de la grosse montagne et ses 46,4 kilomètres peuvent très bien briser les rêves de certains coureurs encore très bien placés au classement général.

L'étape suivante devrait donner envie à un puncheur, ou bien même à un sprinteur passant assez bien les bosses, sauf si une échappée vient jouer les trouble-fêtes et s'adjuger l'étape. On peut s'attendre à une moyenne assez faible sur cette étape puisqu'elle se trouve à la veille de la première étape alpestre.

La première étape alpestre donc, quatorzième étape du Giro, devrait offrir aux favoris une bonne occasion de s'expliquer. La première montée de près de neuf kilomètres et avec des passages à plus de 16 % promet de ne pas laisser passer un grimpeur dans un mauvais jour. La seconde ascension de la journée n'est pas moins importante avec 18 kilomètres de montée à 6,3 % de moyenne. La dernière ascension, celle qui permet de monter à Oropa, avait vu Marco Pantani faire une ascension fulgurante en 1999 et s'imposer au sommet. Seul un vrai grimpeur pourra s'imposer sur cette étape.

La quinzième étape a le profil d'une étape pour sprinteurs... pendant les 205 premiers kilomètres. Malheureusement pour ces derniers, l'étape ne s'arrêtera pas là, mais continuera encore 20 kilomètres. L'ascension permettra aux coureurs de passer de 200 mètres au dessus du niveau de la mer à 1665, soit plus de 1400 mètres de dénivelé en moins de 20 kilomètres(donc une pente moyenne de plus de 7 %).

C'est alors qu'intervient la dernière journée de repos. Il reste encore plus de 850 kilomètres, et les coureurs n'ont encore rien vu des montées.

La seizième étape ne comptera pas moins de 55 kilomètres d'ascension pour un total de 139 kilomètres de course. Les coureurs emprunteront tout d'abord le Pass Gavia, 16,5 kilomètres de montée à 8 % de moyenne, suivit du Stelvio, toit de ce tour d'Italie, une ascension de 18 kilomètres dont le sommet culmine à 2758 mètres d'altitude. Mais l'étape ne s'arrête pas là et après une longue descente, les coureurs entameront l'ultime ascension de la journée, une montée de 22 kilomètres à 6,3 % de moyenne et des passages à 14 %. Cette arrivée inédite devrait sacrer le meilleur puisqu'il faudra être très fort pour s'imposer ce jour-ci.

L'étape suivante servira de transition entre les Alpes et les Dolomites. Très probablement remportée par un sprinteur, cette étape n'aura pas de véritable intérêt, si ce n'est de permettre aux grimpeurs ayant animer les trois derniers jours de récupérer afin de ne pas décevoir dans les étapes suivantes.

La dix-huitième étape commencera par une longue ascension, une montée de près de 18,5 kilomètres. Suivra ensuite une montée de 4,6 kilomètres avec une pente moyen de 8,5 %. L'ascension finale de 15 kilomètres offre des pentes à 7,9 % de moyenne, avec des passages à 14 %. Non emprunter depuis 1966, se sera une redécouverte du col.

La dix-neuvième étape sera la dernière étape chrono de ce parcours. Si les sept premiers kilomètres sont assez plat, les dix-neuf suivant ne le sont pas. Avec une pente moyenne de 8 %, l'ascension empruntée par ce contre la montre devrait avoir un certain retentissement au classement général.

La dernière étape de montagne n'est autre que l'étape reine de ce Giro. Après avoir gravi Passo del Pura (11,25 km à 7,7 %) et le Sella Razzo ( 15 km à 6 % avec des passages à 15 %), les coureurs iront gravir les rampes de la Monte Zoncolan. Connu par les cyclo amateurs de forts pourcentage, cette ascension est connu pour être une LA plus dure d'Europe. Long de 10,1 kilomètres, il offre une montée à 11,9 % de moyenne avec des passages à 22 %. Il est quasiment impensable que le Zoncolan ne pèse pas sur la course, et peut être même qu'il boulversera le classement général à la veille de l'arrivée.

La dernière étape permettra aux sprinteurs restant de se livrer une dernière bataille avant l'année prochaine, et peut être qu'elle changera quelque chose ou classement du meilleur sprinteur. Ce qui est sûr, c'est que le vainqueur du tour d'Italie qui sera sacré ce soir là sera un grand coureur.

Ce tour d'Italie promet donc d'être spectaculaire, il offrira du spectacle durant les trois semaines de course.

PARCOURS DU GIRO 2014
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