Et Castres remet ça!

Cela devenait une habitude, comment ne pas s’en passer ? Pour une quatrième fois consécutive, Castres et Montpellier se retrouvaient en phases finales. Mais cette fois c’est en demi-finale après trois barrages (2 victoires à 1 pour le CO). Si les hommes de Galthié étaient favoris, après avoir fini deuxièmes de la phase régulière, les Castrais avaient réalisé l’exploit une semaine plus tôt à Clermont. Certains auraient pu avoir des doutes sur l’état de forme des castrais, surtout si le match se poursuivait en prolongations.

Du jeu mais des imperfections

Il ne fallut pas attendre longtemps dans ce match pour voir du spectacle. Dès le coup d’envoi, René Ranger happait Romain Cabannes à la réception du ballon. Cela avait beau être la première action, M.Gauzère n’hésita pas à dégainer le carton jaune envers l’ailier all-black. Quelques minutes plus tard, c’est son homologue castrais, Rémy Grosso, qui en recevra un pour avoir plaqué Nagusa en l’air. Pendant une grande partie de la première mi-temps, le score s’élevait par le pied de Kockott ou de Trinh-Duc même s’il y avait plus d’intentions que la veille. Il fallait attendre la demi-heure de jeu, et une belle occupation du terrain grâce au pied de Rémi Talès pour que le match prenne un nouveau tournant. René Ranger, encore lui, se retrouvait en difficulté dans son en-but et devait concéder la mêlée. Sur la mêlée, Antonie Claassen s’extirpa et prit l’espace entre Trinh-Duc et la mêlée pour tendre le bras et aplatir sur la ligne. Un essai accordé et transformé, le CO faisait le break (13-3).

Mais suite au renvoi, Montpellier allait rendre la pareille, par un essai de Ranger sous les poteaux après une erreur de la défense castraise. Ces dix dernières minutes étaient intenses, le match aurait pu basculer si à la dernière minute, Max Evans n’avait pas été poussé en touche dans l’en-but par Bérard. Pourtant, la sensation était bien castraise à la pause. Les champions de France menaient 13 à 10.

Si le Grand Stade sonnait creux malgré les quelques supporters tarnais qui donnaient tout, 17 000 castrais s’étaient massé place Soult pour regarder le match, accompagné d’animation et d’une rétrospective des phases finales du Castres Rugby Féminin.

Le CO prolonge le suspense

La deuxième mi-temps fut plus pauvre en jeu. Seules des pénalités de chaque côté venait ajuster le score. Mais ce score était encore de 19-19 à une minute de la fin. Le CO avait le ballon et était dans le camp héraultais. Les temps de jeu s’enchaînaient, Rémi Talès semblait se préparer au drop. Le ballon arrivait enfin dans ses mains, la jambe s’élançait, le pied fouettait le ballon, mais sa trajectoire déviait des poteaux. La prolongation tant redoutée des supporters castrais allait se passer. Pourtant après un ralenti du drop, la défense montpelliéraine était montée hors-jeu et Trinh-Duc plaquait son vis-à-vis, retenu dans le XV de France, sans ballon. Double faute, qui échappa aux yeux de M.Gauzère, qui aurait peut-être pu changer l’issue et éviter ces vingt minutes supplémentaires.

Pour les deux équipes, après un combat physique de 80 minutes, il fallait le prolonger de 20 minutes. Vingt minutes où Montpellier aurait pu prendre le dessus sur sa fraîcheur physique mais pourtant les castrais se montraient les plus dangereux. Lamerat effectuait une belle descente dans la défense héraultaise mais fut repris à quelques centimètres de l’en-but, son bras étant trop court pour aplatir l’essai salvateur. Sur la sirène de la mi-temps des prolongations, Dulin récupérait une chandelle dans le camp montpelliérain. Derrière Kockott servait Baï qui semblait écarter le ballon puis finalement qui tentait le drop en première intention. Et ce drop passait ! Le CO prenait l’avantage de trois points, il fallait tenir dix minutes.

Une incompréhension de la règle

Montpellier se devait de réagir et a réagi. A un peu plus de cinq minutes du terme, menés de trois points, le MHR obtenait une pénalité très excentrée à gauche à environ 40 mètres des perches. Fabien Galthié ne voulait pas la tenter pensant qu’en cas d’égalité on ne retenait que les pénalités des 80 vingt minutes. Or en la tentant, et en la passant, le MHR aurait recollé à une égalité parfaite et l’épreuve de la mort subite aurait pu suivre. Que nenni, les héraultais obtenaient néanmoins une touche à cinq mètres de l’en-but castrais. Encore une fois, le CO se montra infaillible sur le contre et récupérait le ballon adverse. Mais le ballon fut cafouillé par derrière, et Montpellier avait une seconde chance sur une mêlée à 5 mètres, un secteur dominé par les héraultais. Oui mais c’est bien le CO qui récupérait le ballon sur l’introduction adverse, et se permettait même de remonter le ballon à la main. Le match était plié, sur un dernier en-avant de Ouedraogo. (22-19).

A Castres, le peuple exultait. Les klaxons retentissaient, les drapeaux flottaient. Un an après, le peuple du Tarn se prépare à monter à la capitale, pour défendre ce Bouclier qu’il ne veut pas lâcher et réaliser le même exploit qu’en 1949 et 1950, conserver le titre. Il faudra pour cela affronter Toulon, de nouveau, 364 jours après, à la même heure.

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