Mai-Line Monchauzou : le jujitsu ça lui colle à la peau.

Il fait partie des sports de combat, mais est très peu connu, il nous vient du Japon et est devenu un sport de haut niveau en février 2013. Le jujitsu est un art martial ancestral fondé sur le contrôle de soi et de l'adversaire. C'est une sorte de judo mais possédant une partie qui s'apparente beaucoup au karaté. Cette discipline exclut la brutalité et est considérée comme une méthode de défense où l'on doit assimiler progressivement toutes les techniques de combat. Nous pouvons y retrouver du pied-poing comme au karaté mais avec des règles différentes, par exemple les coups de poing au visage sont interdits, de plus, les coups en dessous de la ceinture sont à exclure. Enfin, il y a également, une partie au sol, où l'on a le droit d'utiliser des étranglements, des clés de bras, des immobilisations. Le jujitsu est un sport de compétition, une discipline du corps et de l'esprit, une sorte de mélange entre le judo, le karaté et l'aïkido.

Maï-Line Monchauzou (avec la ceinture rouge sur la photo) a 22 ans, et vit à Brivezac petite commune située dans le département de la Corrèze. Depuis bientôt quatre ans, elle pratique le jujitsu, ce sport peu commun mais qui lui profite puisqu'elle est devenue samedi vice championne de France après ses nombreux exploits comme sa 3ème place lors des championnats d'Europe (en - de 62 kilos) à Gênes, mais aussi, son titre de championne de France dans la catégorie junior en 2012. C'est avec grand plaisir que la championne s'est livrée au jeu des questions-réponses pour le blog.

Maï-Line est quelqu'un de peu patiente car elle a pratiqué plus de quatre sports pour au final n'en garder qu'un seul. Si son choix a été très difficile c'est parce qu'au bout de deux ans, si ça ne marchait pas, tout était fini. En effet, la Brivezacoise nous confie qu'elle a toujours commencé le sport en ayant tout de suite un bon niveau et par la suite, elle ne supportait pas de régresser ou d'avoir un niveau bien inférieur à celui d'une autre personne. Pour elle, il fallait commencer « haut et finir haut. »

Nous lui avons demandé de nous parler de sa carrière.

« J'ai eu un parcours assez anormal, parce que j'ai commencé en faisant du judo pendant longtemps, en parallèle j'ai fait de l'athlétisme. Quand j'avais 15 ans, j'ai préféré partir en sport étude athlétisme qu'en pôle espoir judo. Je suis restée deux ans en sport étude à Clermont, ensuite, j'ai arrêté au moment de passer en terminale parce que j'avais peur pour mon bac. Quand je suis revenue sur Tulle, j'ai commencé à faire du rugby, toujours en faisant de l'athlétisme. Quand je suis partie à l'université, j'ai repris le judo pour passer ma ceinture noire. Je continuais toujours le rugby et l'athlétisme. J'ai été repérée pour aller en équipe de France de jujitsu et du coup, j'ai tout arrêté.»

Mais alors, pourquoi avoir pratiqué tous ces sports ?

« Par rapport à l'ambiance à chaque fois que j'ai débarqué en quelque part. À tulle, le rugby féminin était très coté du coup je me suis dit « aller on va essayer ». L'athlétisme c'est pareil, c'est parce qu'il y avait aussi une bonne ambiance au club. Par contre j'ai arrêté le judo parce que je m'entendais mal avec les autres. »

Le jujitsu est un sport de combat très complet, où on a le droit de faire beaucoup de choses tout en restant dans une belle réglementation, c'est un sport très bien encadré, où le pied-poing et la lutte sont autorisés, ainsi que toute la partie qui est au sol avec des clés de bras, des étranglements, des immobilisations. Cependant, c'est aussi une discipline qui possède des inconvénients comme le fait qu'elle ne soit pas réputée, « parce que le judo prend beaucoup trop de place et comme c'est la même fédération, le judo prend les 9/10 de la place pour laisser juste 1/10 au jujitsu pour son développement et les moyens qui sont mis en place pour le développer. » Pour Maï-Line, « il y a beaucoup d'investissements mais peu de moyens qui vont avec donc c'est difficile de s'investir sans en pâtir à un moment. »

Comme la qualité principale de la jeune championne est la franchise, elle se bat jour et nuit pour que son sport soit plus médiatisé et quand on lui pose la question, elle nous répond : « oui bien sûr, je pense que ça devrait être plus médiatisé et ça nous pousse à aller de l'avant, parce qu'au final on se bat pour soi, on se bat pour l'image du sport. Tous les gens qui commencent ce sport sont étonnés de voir qu'il est peu ou pas médiatisé. L'équipe de France se bat pour ça, pour que la discipline soit considérée comme sport de haut niveau parce qu'elle ne l'était pas il y a 1 an et demi. Maintenant on se bat pour avoir des quotas en tant que sportifs. La fédération française de judo-jujitsu a récupéré les quotas que le ministère des sports avait donné pour les athlètes en jujitsu et les a donné aux athlètes qui font du judo. Le sport est de haut niveau certes, mais nous les athlètes, nous n'avons toujours rien, donc pas d'aides financières… Tout le monde se bat pour que ce soit plus médiatisé, plus connu et pour que le judo ne prenne pas autant le dessus.»

Et quelles qualités faut-il avoir pour pratiquer ce sport ?

« Il ne pas avoir peur du contact, réfléchir contrairement à d'autres sports de combat, avoir un bon potentiel physique et être bien préparé. Il faut aussi être patient parce qu'il y a beaucoup de choses à apprendre, à emmagasiner et ne pas avoir peur d'avancer dans ce sport, parce que l'on est toujours récompensé. »

En parallèle, Maï-Line continue ses études ce qui reste très compliqué, mais la jeune fille nous explique qu' « avec beaucoup de soutien de la part des proches, de la part des entraineurs, des amis, c'est plus facile. Après avoir passé une journée de cours il faut trouver la motivation pour aller s'entrainer, trouver la motivation pour faire des déplacements jusqu'à Paris pour s'entrainer avec l'équipe de France, trouver la motivation pour se lever à 4h du matin pour aller faire des compétitions à l'autre bout de la France, ce n'est pas facile mais faut s'accrocher, faut savoir ce que l'on veut. »

Et sinon, Maï-Line nous a également parlé de cette athlète qui lui a donné envie de continuer le jujitsu, il s'agit bien sûr d'Annabelle Reydy, une très grande championne de France et qui vit en Corrèze. Depuis 10 ans, Annabelle est en équipe de France et obtient chaque année des titres internationaux. Maï-Line renchérie en disant que la championne Française « a un super état d'esprit, une super mentalité ce qui n'est pas le cas chez tous les athlètes. »

Après les championnats de France, direction la qualification pour les championnats d'Europe et les championnats du monde qui se dérouleront en France en novembre prochain. Espérons que Maï-Line décroche le Graal, en attendant, la Corrézienne s'accroche et continue son petit bout de chemin

Photo Nadine Hengsen (2ème place)

Photo Nadine Hengsen (2ème place)

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