Cruellement belles!

Elles étaient au rendez-vous des quarts de finale de Fédérale 1 féminine. Elles n’ont pas déçu. Nous avons suivi tout au long de leur week-end le Castres Rugby Féminin à St-Junien, où elles affrontaient Maisons-Laffitte. Un quart pour ouvrir les portes de l’accession en Elite Armelle-Auclair, 2ème division. Tension, émotion, solidarité, cris, joie, courage, larmes, nous étions nous aussi au rendez-vous.

Comme des professionnelles et déjà de l’émotion

Parties de Castres sur les coups de 10h du matin samedi, la volonté des coaches Yoan Bailly et Eric Charavel était de programmer une mise en place dès l’arrivée dans la petite bourgade de la Haute-Vienne. A moins de 24 heures du coup d’envoi, la détermination se voyait sur les visages des Bleues & Roses. Quelques touches et des mêlées pour les avants pendant que les arrières répétaient leurs lancements de jeu avec Nadège Cabanes à la baguette. Elles étaient déjà dans leur match.

Cruellement belles!

L’habituelle remise des maillots fut effectuée juste avant le repas par les entraîneurs. Une à une chaque joueuse vint retirer son maillot avec un petit mot à garder pour elle ou à partager avec ses coéquipières. La capitaine Elodie Sanchez, talonneuse dit « Sancho », clôturait le bal.

Autre volonté des entraîneurs : effectuer un petit entraînement, le matin du match, sur le parking de l’hôtel. Les avants et les arrières séparées, répétaient leurs gammes. Place à l’habituelle photo d’équipe pour les partenaires puis au repas. Pas de surprise, pâtes et viande blanche au menu pour préparer au mieux les guerrières. Des guerrières dont les estomacs se nouaient à moins de quatre heures du coup d’envoi. Les visages devenaient tendus, chacune se mettant dans un coin après le repas pour se concentrer. La tension était déjà palpable !

Cruellement belles!
Arrivée en terrain connu

L’arrivée au stade du CRF suivait celle de MLSGP. Petit avantage pour les castraises, elles avaient repéré le terrain la veille. Mais dans les vestiaires, sur les murs étaient affichés des mots d’encouragement, des photos, pour motiver les filles que les entraîneurs attendaient sur la pelouse. En groupe, comme une famille, l’échauffement fut studieux sans problème à déplorer si ce n’est quelques larmes lors des discours d’avant-matchs. Les quinze joueuses se dirigeaient maintenant au milieu du terrain pour le moment tant attendu…

Cruellement belles!
Une entame à leur habitude

Comme contre La Rochelle, les castraises ont mal débuté leur match. Face à des franciliennes qui allaient vite derrière notamment avec une paire de centres Diallo-Hireche, les castraises furent vite débordées et encaissèrent le premier essai après seulement cinq minutes de jeu par l’ailière francilienne. Mais un coup dur allait venir frapper les joueuses des Yvelines, peut-être le tournant du match. Nora Hireche, centre de MLSGP et sœur de Saïd Hireche, flanker du CA Brive, se blessa dans un regroupement. Une des pièces maîtresses de la ligne d’attaque francilienne fut bandée au genou pour qu’elle puisse rejouer. Mais quelques minutes plus tard elle dut céder sa place sous les yeux de son frère. Commettant trop de fautes dans les rucks, la talonneuse et la capitaine de Maisons-Laffitte allaient recevoir chacune un carton blanc à cinq minutes d’intervalle.

A quinze contre treize, les castraises se devaient de saisir l’occasion pour remonter au score. S’appuyant sur leur point fort, le maul, les « pilatchous » et tout le pack alla dans l’en-but francilien. Pas de chance pour Castres, le ballon ne fut pas aplatit. Pas de chance pour Maisons-Laffitte, Castres n’abdiqua pas. Sur la ligne des 22 mètres franciliens, Christelle Llauro ouvrit pour son ouvreuse Nadège Cabanes qui se faufila dans une défense éparpillée pour aller planter l’essai de la révolte sous les poteaux à moins de cinq minutes de la mi-temps. Contrairement à l’essai francilien, celui-ci fut transformé. A la mi-temps, les filles du duo Bailly-Charavel menait les débats : 7-5.

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Tendu, tendu, tendu !

Encore en supériorité numérique en début de seconde mi-temps, le CRF attaque fort et occupe le camp des franciliennes pendant vingt minutes. Mais en manque cruel de réalisme, les castraises n’arrivent pas à aplatir leur deuxième essai. Et quand elles concèdent deux cartons blancs coup sur coup, pour Valérie Gallien la vétérante et infatigable seconde-ligne et pour la capitaine Elodie Sanchez, la donne change. L’entente Maisons-Laffitte Saint-Germain Poissy est donc à quinze contre treize castraises et en profite pour se rapprocher de l’en-but tarnais. Mais comme leurs homologues, elles doivent s’y prendre à plusieurs à reprises. Les castraises solidaires, combatives, font tout pour empêcher un deuxième essai. A peine rentrée à l’aile, Marina Saillard va se sacrifier pour « sa famille », y laissant sa jambe. Castres résiste mais finit par plier à sept minutes de la fin du match. L’ailière francilienne marque un doublé en coin mais complique la tâche à sa buteuse qui rate la transformation. Il va rester cinq minutes à Castres pour au moins remonter les 3 petits points (7-10).

Côté supporters, on croit au miracle. Le CRF remet la pression sur MLSGP. L’arrière francilienne commet un en-avant et un coup de pied repris hors-jeu par une de ses coéquipières. L’arbitre limousin siffle immédiatement la pénalité en faveur de Castres à 5 mètres de l’en-but francilien. De plus, la flanker adverse commet une énième faute dans un ruck qui lui vaut un carton blanc et qui laisse ses coéquipières en infériorité numérique alors qu’elles sont retranchées sur leur ligne. Castres s’en remet donc à sa force : l’équipe. Les mêlées et les pénalités jouées à la main finissent par envoyer le pack bleu & rose dans l’en-but. Dans cet amas, l’arbitre siffle… et accorde l’essai à Amélie Claudon. La flanker castraise emmenée dans l’en-but par ses coéquipières permet au CRF de prendre les devants : 12-10. Isa Madaule rate la transformation. Il reste très peu de temps, mais sur le renvoi, après quelques temps de jeu, l’arbitre siffle la fin du match ! C’est inespéré, Castres l’emporte sur le fil !

Cruel pour les franciliennes qui avaient pour intention de remporter le titre cette année. Elles échouent en quart de finale mais joueront le week-end prochain un match de barrage qui, si elles le remportent, leur permettra d’accéder en Armelle-Auclair. Le CRF voit la vie en rose, la victoire en quart de finale permet aux castraises de monter en 2ème division, une première pour le club depuis sa création. En demi-finale, les tarnaises devront se frotter à Rouen, premières de la poule 1. Il faudra donc qu’elles y mettent du cœur et des… Bref, faire encore mieux qu’en quarts. Et on peut compter sur elles !

Cruellement belles!
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