Au revoir Captain Jéjé !

Jérôme Bonvoisin, « Bonvoise » pour les intimes, a consacré 34 ans de sa vie au rugby, tout en passant par des grands clubs comme le Castres Olympique ou encore l'ASM. Aujourd'hui, à 40 ans, il tire sa révérence et déchausse définitivement les crampons en quittant l'effectif du SC Tulle.

Bonvoisin, c'est cet enfant, qui a été très tôt touché par la maladie du ballon ovale, par les choses que dégage ce sport. Des joueurs comme Jean-Pierre Rives ou encore Jérôme Gallion ont marqué le troisième ligne, mais c'est aussi le plaisir de se retrouver entre amis, le dimanche sur un terrain de rugby, qui l'a amené à aller le plus loin possible, à tenter le tout pour le tout.

Alors qu'il partait s'entrainer, Jérôme a eu la gentillesse de répondre à nos questions, de revenir sur son parcours professionnel, sur ses années passées à Tulle mais aussi sur les objectifs du Club et sur son renouveau au sein de la commission sportive.

Bonjour Jérôme, pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs du blog, en deux trois mots et dire qu'elles sont vos qualités, vos défauts ?

Jérôme, 40 ans, marié deux enfants. Niveau qualités, je pense être quelqu'un d'engagé, de volontaire, de respectueux, de généreux et de combatif. Au niveau des défauts, je suis peut-être un peu susceptible et parfois impatient.

Quel a été votre parcours rugbystique ?

Je vais essayer de faire court, j'ai commencé le rugby à 6 ans, dans le Tarn à la Bruyère, dans un club de série, j'y suis resté jusqu'à mes 17 ans. Mes années juniors et premières années sénior je les ai passés au Castres Olympique. Ensuite, je suis allé en groupe B à Cahors pendant deux ans, parce que je ne pouvais pas jouer en équipe première à Castres. J'y ai fait la connaissance de joueurs de Montferrand, je connaissais également l'entraineur, Alain Gaillard qui m'a permis d'aller à Clermont. J'ai passé 4 ans en Auvergne, dans l'équipe Espoir mais aussi première avec notamment une participation à la finale du championnat de France en 1999. Puis, Brive venait de descendre en ProD2, Didier Faugeron m'a appelé pour que je vienne les rejoindre et j'y suis resté 7 ans, jusqu'en 2008. Suite à ça, j'ai arrêté ma carrière mais j'avais toujours envie de trottiner, de me faire plaisir, j'ai donc rejoints le SC Tulle, où on a pu passer de la Fédérale 3 à la Fédérale 1, donc assez satisfaits du challenge relevé.

Jérôme a fait le choix de Tulle par rapport à son activité professionnelle, mais aussi parce que le niveau d'exigence était moindre. Ce qui a conquis Jérôme c'est aussi le projet du club, qui était « ambitieux » comme le souligne l'ancien joueur. De nouveaux présidents, de nouveaux entraineurs, tout ça pour un club de Fédérale 3 qui se projetait déjà vers l'avenir. À son arrivée en 2008, « Bonvoise » a emmené avec lui des joueurs de haut niveau comme le Sud-Africain Charl Van Rensburg ou encore Fabien Domingo, le frère de notre international français, Thomas. En venant, au club, Jérôme voulait retrouver « un certain enthousiasme, de la simplicité, au sein du club, il y a une bonne ambiance et les joueurs de Tulle ont tous cette volonté d'aller dans la même direction. »

Nous avons ensuite demandé au troisième ligne tulliste si une montée en ProD2 l'année prochaine était envisagée et/ou envisageable.

« En ayant échangé avec les dirigeants, je pense qu'on est en haut de la pyramide c'est-à-dire la Fédérale 1. Tulle a enfin retrouvé son ancien niveau et c'est une vraie chance. Maintenant, il faut pouvoir pérenniser le club à ce niveau là, au niveau du groupe, au niveau des infrastructures, et je crois qu'il y a de gros chantiers à mettre en place. Pour nous, on veut juste continuer à être ambitieux en faisant des bons matchs, en visant les phases finales. Notre objectif c'est rester à ce niveau là et se faire plaisir en faisant les meilleurs saisons possibles. »

Puis, Jérôme Bonvoisin est revenu sur ses six années passées à Tulle, « six superbes années, avec un club qui a de vraies valeurs, de la convivialité, du respect, de l'engagement et toujours de l'ambition année après année. » La grosse satisfaction qu'a eue le Tulliste c'est « d'avoir vu monter tous ces jeunes joueurs qui étaient en Fédérale 3, puis en Fédérale 2, car ils se sont donné les moyens de progresser pour être plus performants et la vraie réussite leur appartient, ce sont maintenant, de vrais joueurs de Fédérale 1. » En faisant le bilan, ça a été une grande joie pour le rugbyman, une sorte de fierté, « d'avoir pu amener ces joueurs, leur montrer qu'ils avaient le niveau pour évoluer dans un championnat plus important. »

Pour son dernier match, Jérôme est sorti sous les applaudissements et a ainsi arrêté définitivement sa carrière. Il explique qu'il a « fallu se préparer à ça », mais qu'il n'est pas trop perturbé pour le moment même si ça va lui faire drôle lorsque les collègues vont reprendre les chemins de l'entrainement et des matchs et qu'il aura « le sac à la maison ». Étant quelqu'un de raisonnable, Jérôme nous dit qu'il « faut savoir s'arrêter, et qu'il y a plein d'autres choses à faire dans la vie.»

Jérôme a donc intégré la commission sportive du SC Tulle, car pour lui, c'est d'abord participer à un projet de club, « le faire avancer », et malgré la retraite en tant que joueur, le Tulliste se voyait mal arrêter du jour au lendemain. Bien sûr, il lui faudra concilier sa vie de jeune chef d'entreprise mais aussi sa vie familiale, tout en essayant de structurer le club de « façon modeste et toujours engagé. »

Le SCT grandit année après année et le projet d'une nouvelle tribune avec un club house, une salle de musculation, un espace médical, a été voté. Nous avons questionné Jérôme sur ce sujet.

« C'est très bien, ça fait partie des évolutions que le club doit avoir dans les années à venir s'il veut rester à ce niveau là pour pouvoir accueillir ses supporteurs, ses actionnaires, c'est un vrai ensemble. Aujourd'hui, avoir une nouvelle tribune, ça nous met au niveau de la Fédérale 1, on sait que l'on n'aura jamais un budget extraordinaire mais en partenariat avec la ville de Tulle, avec le conseil général, avec l'ensemble des partenaires privées, on essaie de se structurer. Je crois que c'est un plus pour pouvoir conserver notre ambition et pour pouvoir attirer de nouveau joueur.»

Comme c'est d'actualité en ce moment, Jérôme nous a donné son avis sur le CAB, pour lui, « c'est une super saison pour Brive. Le trio, Godignon-Casadéi-Carbonneau, a su amener, de la confiance, de l'envie de prendre des initiatives de tenter des choses de jouer au rugby de se faire plaisir et on sent un bon état d'esprit, beaucoup de solidarité. Ce sont des valeurs qui permettent de faire la différence sur des matchs compliqués, puis il y a un fond de jeu qui semble véritablement bien en place et on prend beaucoup de plaisir à les regarder jouer. » Le Tulliste nous a aussi fait son petit pronostique, « victoire briviste, pas de beaucoup, de 5-6 points. »

L'heure du conseil étant arrivée, le Toulousain de naissance, nous a dit qu'il fallait avant tout « se faire plaisir, sur et en dehors du terrain avec toute l'équipe », qu'il fallait aussi « profiter de tous les moments, les vivre à fond, être le plus sérieux possible et surtout se donner les moyens de réussir. Ne jamais s'arrêter, aller aux bout de ses rêves, ne pas lâcher le morceau. »

Enfin, nous l'avons interrogé pour savoir ce qu'il souhaite à Tulle pour la saison 2014-2015, et c'est avec un grand sourire qu'il nous a répondu qu'il espère que le club se maintienne en Fédérale 1 et qu'il puisse se rapprocher des phases finales, que les joueurs gardent le même état d'esprit et qu'ils donnent tout la saison prochaine.

Et la phrase de la fin, une petite anecdote : "Lors d'un match de fin d'année, on a retrouvé notre Nono, Arnaud Noialhac qui s'était déguisé en Père Noël mais avec la tenue d'une Mère Nöel, et il nous avait assez bluffés dans les vestiaires et ça lui allait assez bien."

Merci à Jérôme pour sa disponibilité et bravo pour tout ce qu'il a fait pour les clubs de rugby en Corrèze. Au revoir "Captain Jéjé" !

Bonvoisin laissant sa place à Benoit Le Calvez

Bonvoisin laissant sa place à Benoit Le Calvez

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