Un vendredi en ovalie

Matchs internationaux, matchs en retard, on vous raconte tout ce qui s’est passé hier soir.

Elles font rêver !

On en parle en peu, leurs matchs sont peu diffusés et pourtant qu’elles sont incroyables nos filles du XV de France féminin. Hier soir, les filles d’Annick Hayraud, ont triomphé dans la douleur mais ont triomphé ! Déjà victorieuses de la grande équipe d’Angleterre pour le match d’ouverture du Tournoi à Grenoble (18-6) puis écrasantes en infligeant trois fanny face à l’Italie, au Pays de Galles, et à l’Ecosse, les Bleues avaient rendez-vous hier soir à Pau face aux Irlandaises. Le Grand Chelem était promis aux Bleues, mais finalement l’adversaire n’était-il pas l’enjeu hier soir ?

C’est ce que l’on aurait pu croire. Et pourtant, les Bleues entamaient bien la partie par un essai de Marion Lièvre et une belle pression du pack devant emmené par la capitaine Gaëlle Mignot. Un pied défaillant pour les buteuses de chaque équipe, le score était maigre à la mi-temps : 5-0 pour les françaises. Les Bleues entament la seconde période comme la première, par un essai. En force, c’est la pilier Elodie Portaries qui marque le deuxième essai bleu du soir. 12-0 avec la transformation. La France est la meilleure défense de cette compétition, n’ayant encaissé aucun essai et seulement 6 points face à l’Angleterre. Mais les Irlandaises n’ont pas l’intention de repartir de Pau fanny. L’arrière irlandaise, Briggs, ouvre le compteur irlandais après l’essai français. La réaction française est à suivre. L’ouvreuse Sandrine Agricole sert dans l’intervalle sa centre Shannon Izar qui file aplatir le troisième essai français du soir. Shannon Izar qui a été formée initialement à l’athlétisme à Castres sur la piste du Travet. A ce moment du match, il reste plus de vingt minutes, le match est loin d’être fini, le Grand Chelem est encore loin même si les Bleues mènent 19-3. Les irlandaises réagissent par un essai de Bourke puis un essai collectif à la 72ème minute. Elles reviennent à quatre petits points des Bleues. L’équipe de France ferme définitivement les portes et s’ouvre celles de la victoire. Safi N’Diaye, numéro huit des Bleues et de Montpellier mais qui a longtemps porté du Castres Rugby Féminin, peut exulter tout comme ses coéquipières ! Une victoire 19-15 mais surtout le Grand Chelem. On ne pouvait rêver meilleure préparation à la Coupe du Monde qui se déroulera en août prochain en France.

Les Bleuets comme des Bleues

Dans la foulée du sacre du rugby féminin, les Bleuets se retrouvaient dans la même situation que les filles à Tarbes. Jusque-là réalisant un sans-faute dans le Tournoi, quatre victoires sur quatre matchs, les moins de 20 ans, du manager Fabien Pelous, peuvent réaliser le Grand Chelem s’ils venaient à gagner contre les Irlandais. Un peu bridés par l’enjeu là aussi, les Bleuets ont mis du temps à rentrer dans le match. Un essai de Ruffenach après 28 minutes de jeu permettait à l’équipe de France de prendre les devants (10-3). Mais dans ce match aussi, l’Irlande allait revenir pour inquiéter l’équipe de France à moins d’un quart d’heure du terme. Il faudra finalement une pénalité du joueur de Bordeaux, Baptiste Serin, et d’un essai de Lespinasse dans les dernières minutes de jeu pour arracher la victoire. Une cinquième victoire synonyme, là aussi, de Grand Chelem. L’avenir est assuré !

Le match en retard des retardataires

Si ce week-end n’était pas un week-end de doublons, Tournoi-Top 14, il y a avait quand même un match de Top 14 hier soir. Un match en retard de la 17ème journée entre deux retardataires : Biarritz recevait Oyonnax. Oyonnax qui compte aussi un autre match en retard, la réception de Bordeaux pour le compte de la 19ème journée. Au classement, si Biarritz est quasiment condamné à la descente, Oyonnax, du fait des ces deux matchs reportés, est en bien mauvaise posture. Treizièmes, les joueurs de l’Ain comptaient 7 points de retard sur Perpignan, le premier non-relégable, avant le match, et 8 points sur Bayonne, autre candidat sérieux à la descente. Un match tendu, où l’enjeu n’était pas que pour les deux équipes présentes sur le terrain. Une victoire d’Oyonnax aurait mis en danger Perpignan et Bayonne. Une victoire de Biarritz, aurait mis en danger les « Oyomen ». C’était donc tendu hier soir à Aguilera, qui comportait encore les stigmates des précédentes intempéries. Oyonnax qui mettait la pression par un essai d’Urdapilleta avait la réponse de Biarritz par un essai de Gimenez quelques minutes plus tard. Les Bayonnais ne pouvaient pas reprocher à leurs chers voisins de tout tenter pour gagner et ainsi de « sauver » le club ciel et blanc. 10 à 8 à la mi-temps pour le BO face à Oyonnax qui, pour se sauver, se doit de gagner à Biarritz et ainsi que les autres matchs par la suite. Les hommes de Christophe Urios remarquèrent après un peu plus de 10 minutes de jeu en seconde mi-temps par Aguillon. Encore une fois, la réponse biarrote n’allait pas tarder. Pietersen remettait son équipe dans la partie. Tendu jusqu’au bout ce match ! Un essai d’Arnaud Héguy, transformé par Peyrelongue, à trois minutes du terme permettait à Biarritz de reprendre l’avantage, d’un tout petit point. (22-21)

Quelques secondes après la remise en jeu, c’est une pénalité dans le camp biarrot qui allait être offerte à Oyonnax et à son buteur argentin Urdapilleta. Le demi d’ouverture, qui a déjà fait des prouesses cette année face à de grosses écuries, a encore frappé juste à ce moment crucial du match. Le pied de l’argentin n’a pas tremblé, permettant à Oyonnax de repasser devant (22-24, 78ème). Deux minutes à tenir pour Oyonnax, deux minutes à tenir pour décrocher la première victoire à l’extérieur de la saison. Déjà passés pas loin d’un exploit à Castres et au Stade Français cette saison, les hommes d’Urios n’ont pas flanché dans les deux dernières minutes pour ramener cette précieuse victoire en vue du maintien. La défaite de Biarritz ne fait donc pas les affaires de Perpignan mais aussi de Bayonne qui jouera surement le maintien jusqu’à la dernière journée. Une dernière journée où ces Basques recevront le Castes Olympique qui luttera quant à lui pour une place de barragiste. En haut comme en bas, ce Top 14 n’est pas joué !

Photos: pages Facebook FFR et BOPB

Photos: pages Facebook FFR et BOPB

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