Régis Godillon : "La souffrance est éphémère."

Régis est un passionné de course à pied qui ne se prend pas la tête. Depuis une dizaine d'années déjà, l'athlétisme et lui ne font qu'un et les performances sont souvent excellentes pour le Tulliste. Il partage son temps entre la course et son magasin RUNNING ZONE qui est tout à fait à l'image de celui-ci, rangé et très technique.

Tombé très tôt dans l'univers de la basket et de la piste, accompagné d'une mère, Élizabeth, qui court aussi vite que la lumière et d'un demi-frère Fabien qui connait la course comme sa poche, Régis a volontiers répondu aux questions des Jeunes Journalistes.

Qui est Régis en trois mots ?

Alors déjà, je suis le gérant du magasin RUNNING ZONE que j'ai créé en avril 2012, donc ça va faire deux ans que le magasin existe. Je suis aussi coureur à l'occasion, c'est ma passion ce qui tombe bien parce que ça correspond aussi à l'activité du magasin. J'ai un petit niveau régional, rien d'exceptionnel et j'essaye de participer aux courses du coin ce qui fait de la publicité du magasin.

À quel âge as-tu commencé l'athlétisme et d'où te vient cette passion de la course à pied ?

Donc la passion me vient de ma mère qui court depuis quasiment 20 ans maintenant. Moi j'ai commencé en 2001, j'avais 14 ans, et depuis, j'ai jamais vraiment arrêté.

Quelle est ta distance préférée et pourquoi ?

Ma distance préférée c'est plutôt le semi-marathon, parce que pour moi tout ce qui est en dessous du semi par exemple, le dix kilomètres, c'est un effort violent et notamment le dix, c'est violent et long à la fois, c'est un peu difficile. Du coup le semi c'est vrai que l'on est moins haut au niveau pulsation, rythme cardiaque, alors ça dure plus longtemps donc ça peut paraître plus difficile mais en vérité, c'est moins intense. Donc c'est ce que je préfère.

Donc la saison vient de débuter et tu es arrivé deuxième du semi-marathon de Tulle en 1h11'43''. Peux-tu nous dire quels sont tes objectifs maintenant ?

Mes objectifs sont multiples, déjà j'en ai deux primordiaux, c'est non seulement d'être présent sur les courses, pour être l'ambassadeur du magasin, ce qui me permets aussi de discuter avec les clients et de donner des conseils. Ensuite j'ai des objectifs personnels, comme faire la saison piste, tout ce qui est 5000, 1500m et après faire toutes les courses qu'il y a dans le coin, car c'est important pour les organisateurs d'avoir des gens qui viennent sur les courses.

Peux-tu nous rappeler tes résultats et les courses que tu as faite depuis que tu as attaqué la course à pied ?

Quand j'ai attaqué, j'étais jeune donc je faisais surtout les petites distances même si j'ai fait pas mal de 10 km quand j'avais 15-16 ans ce qui est un peu déconseillé quand on est jeunes parce qu'on doit surtout faire du court. Les faits marquants, enfin mes meilleurs souvenirs en course à pied, c'est mon marathon en 2012 à la Rochelle où je l'avais fait en 2h42', donc j'étais content en plus c'était mon premier. Après j'ai beaucoup fait de dix et de semi-marathon, plein de bons souvenirs, plein de courses qui m'ont marqué.

Quel est l'entrainement spécifique d'un coureur à pied et combien fais-tu de séances par semaine ?

Je fais 6 séances par semaine, en général c'est le vendredi où je fais le repos, après l'entrainement ça dépend de la distance que l'on prépare. Par exemple si on prépare un dix kilomètres, on va plus s'axer sur les footings de moins d'une heure et demie alors que sur un semi on va faire plus d'une heure et demie, on va faire du fractionné long comme des 3000 m, des 2000 m, alors que sur un 10 on fait plutôt des 400 m, 600 m ou des 1000 m donc ce n'est pas tout à fait la même chose.

En général pour donner un autre d'idée, lundi c'est footing, mardi c'est des séquences courtes, donc des 100, 300, 400 m, mercredi c'est footing, jeudi c'est une séance VMA, donc des 800 m, vendredi repos, samedi footing et dimanche ça va plutôt être des 1000m, des fractionnés longs.

As-tu pratiqué un autre sport que la course à pied ?

J'ai fait du foot un peu, j'ai eu une période de deux ans où je me suis un peu détourné de la course à pied après, ça fait toujours une expérience mais je préfère la course à pied que le foot au niveau esprit, ce n'est pas du tout la même mentalité. En course on est beaucoup plus face à soi-même, si on rate une course on peut s'en prendre qu'à-soi même alors que sur un match de foot, on a beau avoir fait un bon match et si les coéquipiers n'ont pas été à la hauteur, on perd alors que ce n'est pas de notre faute forcément, alors qu'en course à pied, on ne peut pas tricher, on est vraiment face à soi-même et le dépassement de soi c'est important.

Parle nous du team RUNNING ZONE, d'où vient l'idée, et quel en est le concept ?

Je connais beaucoup de monde dans le milieu de la course à pied et beaucoup de gens qui sont souvent sur le haut du classement, du coup l'idée m'est venue parce que j'ai mon demi-frère Fabien Jumelle qui court et ma mère aussi et avec d'autres amis, on s'est dit, pourquoi pas les sponsoriser et c'est ainsi que m'est venue l'idée du team. Le concept c'est les athlètes portant mes couleurs et en contrepartie ils ont des réductions dans le magasin et le but c'est de me faire de la publicité, de porter les couleurs du magasin, ça leur demande aussi qu'ils soient fair play, qu'ils aient une bonne attitude sur les courses, pour ne pas donner une mauvaise image.

Que penses-tu de la nouvelle piste à Tulle, pour toi est-ce une bonne chose pour le sport dans cette ville ?

Pour l'athlétisme déjà c'est une bonne chose parce que l'on peut s'entrainer correctement près c'est vrai qu'il y a d'autres sportifs qui trouvent que l'on est un peu privilégiés parce qu'il y a quand même une grosse somme d'argent qui a été allouée pour cette piste et certains disent que c'est un peu trop pour dix coureurs qui courent dessus le dimanche, c'est vrai qu'ils sont un peu jaloux de ça. Je pense que c'est important d'avoir une piste parce que l'on peut attirer des compétitions qu'on n'attirait pas auparavant et même pour les jeunes, les scolaires qui viennent s'entrainer dessus, c'est important. Tout comme pour l'école d'athlétisme ou le triathlon.

Quel est ton athlète préféré celui ou celle qui t'a donné envie de pratiquer la course à pied ?

Mon idole c'est Thierry Breuil, c'est l'athlète que je connais qui arrive à se faire le plus mal, il arrive vraiment à se dépasser et ce gars là il a commencé très jeune et il n'a jamais arrêté et il a réalisé des performances énormes, à l'époque il n'avait pas de limites. Du coup même s'il y avait quelqu'un qui était beaucoup plus fort que lui, il se disait pas je vais pas essayer de la suivre sinon je vais exploser, il se mettait pas de barrières, c'est vraiment ça sa force et c'est quelque chose que je lui envie, de se faire mal autant qu'il se fait mal. Après il a un palmarès, il a été champion du monde par équipe de trail, de course de montagne, moins de trente minutes sur 10 km, 1h03 sur un semi-marathon, quand on voit que le smi de Tulle se gagne en 1h09, c'est vraiment un homme très fort, un exemple pour moi.

Aurais-tu un conseil à donner sur une préparation d'un 10 km, d'un trail, d'un semi-marathon ou encore d'un marathon ?

Le conseil c'est de se ménager, même si on a quelque chose marqué sur le plan faut tenir compte du contexte, par exemple si un jour on est moins bien, qu'on est fatigué, faut pas hésiter à adapter la séance ou faire l'impasse si on est blessé. Justement, parfois on se dit qu'il ne faut pas louper la séance parce qu'après je vais prendre du retard, mais il vaut mieux en louper une ou l'adapter pour pas se blesser et on perdra moins de temps que si on l'a fait quand même et qu'on se blesse. Le conseil c'est vraiment s'écouter et tenir compte du contexte.

Pour finir, as-tu une citation qui te fait avancer quand tu cours ?

Il y a une phrase que je me dis dans ma tête, c'est : « la souffrance est éphémère, la déception l'est beaucoup moins », pour dire que justement, il vaut mieux souffrir et réaliser quelque chose de bien que de renoncer face à la souffrance et faire une mauvaise performance et regretter plusieurs jours ou plusieurs semaines après. Alors que pendant la course on souffre mais ça dure juste la course et au bout on peut avoir la victoire qui fait oublier la souffrance.

Photo : Centre France

Photo : Centre France

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