Ni bon, ni mauvais

Plus vite qu’Usain Bolt. Plus haut que Renaud Lavillenie. Faites vos jeux, le Top 14 n’a pas livré son verdict. Il y a bien une équipe qui sait qu’elle sera en Pro D2 la saison prochaine, c’est Biarritz. Et le BO reçoit le CO, un dernier « olimpico » avant au moins une saison. Des castrais qui n’ont pas leur place assurée parmi les six premiers encore. Si les absences ont obligé les entraîneurs castrais à effectuer quelques changements dans le XV de départ, le CO doit ramener une victoire d’Aguiléra. Les bleus et blancs qui ne comptent qu’une victoire à l’extérieur cette saison, recevront Montpellier et se déplaceront 2 fois (Clermont et Bayonne) sur les trois derniers matchs avec un dernier match à Bayonne où les basques pourraient jouer leur maintien et où les castrais pourraient leur place dans les six premiers. Du côté du BO, il n’est pas question de se laisser aller. Les basques entament leur baroud d’honneur et ne veulent pas se défiler face aux champions de France. La tâche s’annonce compliquée pour les tarnais.

Regarde comme il fait BO dehors

Conditions parfaites pour jouer au rugby à Biarritz mais Castres ne rentre pas bien dans son match encore une fois depuis cette année 2014. Le CO encaisse vite un essai de Ngwenya bien amené par les trois-quarts. De plus, la réussite de Yachvili permet aux biarrots de prendre le large rapidement : 13-0 après un quart d’heure de jeu.

En l’absence de la poutre Karena Wihongi en mêlée, le CO a quelques difficultés. Peikrishvili qui remplace le néo-zélandais va être mis à rude épreuve par Synaeghel et va même se blesser à la cheville : pénalité et blessure, la double peine pour le géorgien qui est contraint de laisser ses partenaires.

Le CO parvient enfin à rentrer dans son match. S’appuyant sur sa ligne de trois quarts, les castrais sonnent la révolte. Le CO produit du jeu, tout le monde joue, les avants comme des trois quarts, à l’image de Richie Gray. Le géant écossais bien servi par Talès à 30 mètres de l’en-but se faufile parmi la défense, crochète, feinte les passes et marque un essai qui permet à Castres de revenir à quelques points d’un relégué prometteur. Sauf qu’en mêlée, le problème est bien réel. La mêlée biarrote est redoutable et Yachvili se charge de récompenser son paquet d’avants avec deux pénalités.

La mi-temps approche et les deux équipes se dirigent vers le vestiaire sur le score de 19-10 en faveur des locaux. C’est à ce moment que Castres en remet une couche. Le ballon voltige de mains en mains et arrivent dans celles de Rémy Grosso en bout de ligne. Le puissant ailier n’a plus qu’à longer la ligne de touche, emportant la défense pour aller aplatir un essai en coin sur la sirène qui sonne la mi-temps. Malgré la transformation ratée, le CO finit sur une bonne note la première mi-temps, prometteuse pour le deuxième acte.

Mêlée de rebondissements

L’indiscipline a-t-elle été réglée à la pause ? Non. Biarritz recommence la deuxième période à 14 puisque Peyrelongue a reçu un carton jaune juste avant l’essai de Grosso pour anti-jeu. Mais Biarritz reste dominateur en mêlée et Yachvili s’appuie sur ce point fort pour passer quelques points. Son vis-à-vis fait de même pour les fautes biarrotes au sol ou dans la ligne. Et pourtant c’est d’une mêlée parfaitement jouée que le CO va prendre de l’avance...

Une mêlée sur la ligne médiane bien négociée par le CO. Le ballon sort vers Lamerat qui retrouve plein axe son flanker Janie Bornman. Le sud-africain dépasse les Ngwenya, Couët-Lannes, à la course et après 45 mètres d’un sprint phénoménal, il aplatit dans l’en-but. A ce moment-là du match, le CO peut même espérer un point de bonus offensif. Une illusion. Biarritz met aussi de la folie dans son jeu. Biarritz n’affiche pas une tête de relégué. Les trois-quarts basques se font des passes, créent des espaces dans la défense, et c’est le jeune Couët-Lannes qui vient relancer son équipe d’un essai de grande classe.

Le pied de Kockott permet à Castres de reléguer Biarritz à sept points à quelques minutes de la fin du match. Sept points, c’est un essai transformé, et le BO en est capable. Les basques reviennent dans le camp castrais, occupent leurs 22 mètres, se rapprochent de l’en-but. Les tentatives d’essai échouant car le ballon est maintenu en l’air dans l’en-but, le BO obtient une mêlée. Une première mêlée que le BO emporte. M.Attalah donne une pénalité à Biarritz. Le BO reprend une mêlée. Même chose que pour la première. Le BO enfonce une troisième mêlée. Le CO est à nouveau sanctionné et Lazar en fait les frais. Le pilier roumain est exclu temporairement mais ne reviendra pas sur le terrain car on est à moins de 10 minutes de la fin du match. Sur la quatrième mêlée, devinez ce qui se passe ? Biarritz enfonce les sept avants castrais et M.Attalah va logiquement sous les poteaux, accorder un essai de pénalité. La transformation passe, les deux équipes sont à égalité, il reste alors moins de cinq minutes à jouer. Teulet entré à jeu a retrouvé ses jambes de ses vingt ans. « Robocop » se faufile dans la défense biarrote mais ça ne suffit pas.

La minute de tous les rebondissements et de toutes les incompréhensions

A moins d’une minute de la fin, Biarritz obtient une pénalité dans son camp. Trop loin pour la tenter, le BO trouve une pénal’touche dans les 22m castrais. Si les castrais ont été plutôt défaillants en mêlée, la touche est restée un point fort. Bornman vole le lancer biarrot. S’en suit une pénalité pour Castres, dans ses 40 mètres, il reste moins de dix secondes à jouer. Kockott veut vite taper en touche mais le ballon tarde à venir des mains du ramasseur de balles. Il ne reste plus que 3 secondes quand le pied de Kockott frappe le cuir. En même temps, M.Attalah dit « on l’a joue » en parlant de la touche à suivre pour le CO à quelques mètres des 22 mètres biarrots. Le juge de touche semble marquer la touche avant le retentissement de la sirène, la touche devrait être jouée puisque auparavant M.Attalah l’avait précisé. Or la sirène retentit quelques centièmes de secondes après le marquage de la touche et à la stupéfaction de David Darricarrère, M.Attalah siffle bien la fin du match. Incompréhension totale de David Darricarrère, son manager Matthias Rolland le retient dans son élan, M.Attalah se dirige vite vers les vestiaires. L’entraîneur castrais se dirige vers le juge de touche qui a marqué la touche et, qui comme lui, ne comprend pas la décision de son arbitre de champ. La touche aurait pu donner une occasion au CO de gagner.

Que nenni, les deux équipes se quittent donc sur un score nul de 34-34 mérité au vu du match proposé par les Biarrots et les Castrais. Ce résultat ne change rien au sort de Biarritz mais peut leur laisser des regrets sur les matchs précédents. Quant à Castres, avec les résultats des autres équipes, le CO n’y fait pas une mauvaise opération ni une bonne. Pour les hommes du duo Darricarrère-Milhas il faudra aller chercher des points à Clermont dans quinze jours, et pourquoi pas être la première équipe à s’y imposer depuis plus de 70 matchs ? La certitude c’est que jusqu’à la dernière journée, l’issue du Top 14 n'est pas scellée.

Photo: page Facebook BOPB

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