Jamie Noon : "It's not the dog in the fight, it's the fight in the dog."

("ce n'est pas le chien dans la bagarre mais la bagarre dans le chien.")

Il a 34 ans bientôt 35, il occupe le poste de centre et a été sélectionné 38 fois avec l'équipe d'Angleterre. Il a terminé sa carrière professionnelle au sein du CABCL et poursuit désormais en amateur avec Tulle.

Jamie Noon, Noony pour les intimes, a volontiers répondu à nos questions. Merci à lui pour sa disponibilité et surtout pour son français qui est perfect.

Quel a été votre parcours rugbystique ?

J'ai commencé le rugby quand j'avais 13 ans à l'école, parce qu'en Angleterre, on joue au rugby à l'école pas dans les clubs, donc j'ai commencé tranquillement à l'école. Ensuite, quand j'avais 18 ans, j'ai signé un contrat avec l'équipe de Newcastle Falcons, j'étais en academic, c'est l'équivalent de l'espoir en France. J'ai donc joué 11 ans avec Newcastle et 4 ans avec Brive. J'ai également joué 38 fois avec l'équipe d'Angleterre.

On vous a connu à Brive et depuis cette saison vous jouez avec Tulle. Comment se sont passés le changement d'équipe et le changement de niveau de jeu ?

Ce n'était pas évident, pas facile, au début c'était un peu difficile et pas que pour moi à mon avis, pour tout le monde parce que Tulle était en Fédérale 2 et ils sont montés en Fédérale 1, donc ce n'était pas très facile pour eux de s'adapter au niveau de jeu de la Fédérale 1. Donc on a eu un peu de mal pendant 3-4 mois ensuite, vu que l'on a plus d'anciens joueurs, plus d'expérience de jeu, c'était un peu mieux, ça a pris le temps mais ça allait, on a trouvé notre façon de jouer.

Ensuite c'était un peu difficile pour moi parce que j'ai décidé d'arrêter ma carrière professionnelle, mais après c'est une bonne chose de continuer un peu avec l'équipe de Tulle.

Pourquoi le choix du SCT et pourquoi la Corrèze ?

Parce que j'aime beaucoup la Corrèze, j'ai trois enfants et ça fait quatre ans qu'ils sont là et on a décidé de rester ici. J'ai voulu continuer à jouer encore pour le plaisir parce que j'ai vu que ça serait difficile pour moi de tout stopper après ma période avec Brive. Donc à Tulle, je connaissais quelques joueurs et à mon avis, c'était une option, un choix qui était pas mal pour moi, comme ça je continuais de jouer et je n'étais pas loin de ma famille. Je voulais rester dans la région.

Quel est votre meilleur souvenir avec l'équipe du CAB ? Et quel est le meilleur souvenir de toute votre carrière ?

Pour moi, je crois que la montée en TOP14 et les derniers 2-3 mois avec Brive, c'était mon meilleur souvenir, c'était vraiment sympa, parce que la remontée était l'Objectif et on a réussi donc c'était bien. Après, quand j'ai joué avec l'équipe d'Angleterre, j'ai joué un match et j'ai marqué trois essais. Mon enfant était né un mois avant la rencontre et c'était son premier match, et c'était avec l'équipe d'Angleterre. Trois essais et ma famille réunie pour voir ça, c'était vraiment bien.

Vous avez été sélectionné dans l'équipe d'Angleterre et vous avez joué au côté de Jonny Wilkinson. Quels souvenir en gardez-vous et est-ce qu'il y a de la fierté d'avoir joué avec Wilko ?

Oui, il y a un peu de ça, mais pour moi c'est comme si je jouais avec Arnaud Méla, pour moi c'est les mêmes sentiments. Après, je suis fier de ce que j'ai fait à ses côtés, quand j'ai joué avec lui. Donc ce n'est pas trop le fait d'avoir joué avec lui, c'est de pouvoir se dire j'ai fini ma carrière et oui, j'ai joué avec Wilko, c'est sûr, mais à chaque fois que je joue, c'est pour montrer ce que je peux faire, pour aider l'équipe et pour qu'à la fin ça paye et que je sois fier de moi, de ce que j'ai fait, de la façon dont j'ai joué, le fait de donner 100% à chaque match.

Vous avez évolué pendant 11 ans avec l'équipe de Newcastle, pour vous, y a-t-il une différence entre le rugby Anglais et le rugby Français ?

Bien sûr, bien sûr, mais ce n'est pas facile d'expliquer cette différence, c'est beaucoup de choses qui ne sont pas les mêmes, comme la façon de se préparer physiquement, notre professionnalisme, c'est un peu différent en France. Mais il n'y a pas un pays meilleur que l'autre ils sont juste différents. Quelquefois ça marche à la façon anglaise et parfois à la façon française. Pour moi il y a plein de choses qui sont différentes mais l'objectif ça reste toujours le même, de jouer et gagner les matchs.

Vous êtes centre, comment trouvez-vous votre poste ? Quel est votre centre préféré dans l'histoire du rugby ?

Maintenant, quand je regarde tous les centres, j'aime beaucoup Matt Giteau, je trouve qu'il a des techniques super efficaces pour avancer ce n'est pas comme tous les monstres comme Manu Tuilagi ou les joueurs des îles (Fidji-Tonga), Giteau, il fait les plaquages, il va vite, il sait comment jouer, il anticipe. Il lui arrive de jouer du 2 contre 1 très facilement, il fait les bonnes choses, donc j'aime bien ce joueur. Après, centre c'est un poste un peu difficile mais tu as la chance d'être l'action, dans le combat, tu fais des plaquages, tu essaies de faire avancer l'équipe, c'est un peu un poste clé. C'est très important si une équipe n'a pas les bons centres, les matchs peuvent être un peu difficiles.

Une citation ?

Oui j'en ai une, mais c'est difficile de l'expliquer en français parce que c'est une expression anglaise. C'est : « ce n'est pas le chien dans la bagarre mais la bagarre dans le chien. » C'est-à-dire : peu importe la taille du chien, comme moi, si tu n'es pas très grand comme joueur, si je veux, et bien je peux gagner contre un grand parce que les petits ont plus envie, ils ont plus d'ambition. En anglais c'est : 'It's not the dog in the fight, it's the fight in the dog ».

Le 23 février vous avez joué contre Rodez, et vous avez gagné, comment s'est passé la rencontre sur le terrain ?

Pour Tulle, maintenant, chaque match est très important, pour le maintien, pour les points. Chaque match c'est difficile, le match contre Rodez c'était pareil, dur. Lors des matchs, ce n'est pas facile de tout gérer mais à la fin, si l'équipe gagne c'est toujours bien. Maintenant, on est dans une bonne dynamique mais il faut quand même essayer de bien joueur jusqu'à la fin. Là, on est plus efficace, on a réussi notre objectif mais il faut continuer, il reste trois matchs et pour être maintenus il faut en gagner un de plus

Que souhaitez-vous pour Tulle en fin de saison et pour Brive ?

Pour les deux, j'espère qu'ils se maintiendront, peut-être que c'est plus facile pour Brive maintenant à mon avis ils sont biens. L'Objectif pour les deux c'était de se maintenir donc si les deux équipes arrivent à faire ça, ce sera pas mal et après si on peut faire des matchs presque parfaits jusqu'à la fin de saison ça sera déjà très bien.

Un pronostique pour Castres-Brive ?

Ça va être un match difficile parce que quand Castres est venu chez nous, ils n'ont pas marqué un seul point donc ils vont sûrement prendre une revanche après, ils cherchent aussi à rester dans les six premières places. Après Brive, leur jeu a augmenté, et ils ont réalisé une bonne saison mais ça va être difficile pour eux mais j'espère qu'ils obtiendront le point de bonus

Enfin, sur notre blog, nous avons des supporteurs Brivistes et Tullistes qui nous lisent, avez-vous un message pour eux ?

J'ai un message oui mais pas de moi personnellement, de la part de toute l'équipe, des deux équipes, du SCT et du CAB ; c'est vraiment important pour nous d'avoir des supporteurs, c'est vraiment très bien qu'ils soient là avec nous et nous les remercions pour leur soutien.

Photo crédit La Montagne Centre France; Twitter officiel de Jamie Noon
Photo crédit La Montagne Centre France; Twitter officiel de Jamie Noon

Photo crédit La Montagne Centre France; Twitter officiel de Jamie Noon

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