Peu convaincant

C’est le remake de la dernière finale du championnat. C’est le match des deux meilleures équipes de la saison dernière. C’est le match des deux équipes qui voulaient s’arracher Rory Kockott. Un match auquel Canal+ a mis terme hier soir en annonçant que l’artilleur castrais resterait castrais. Une information aussitôt démentie par son manager Matthias Rolland sur L’Equipe. Ce match a tout d’être le grand match de cette 19ème journée. D’un côté le retour de certains internationaux comme Rémi Talès et Yannick Forestier à Castres, et de Matthieu Bastareaud à Toulon, mais aussi le premier match de suspension d’une durée de 13 semaines pour le manager du RCT Bernard Laporte. Mourad Boudjellal, président du RCT, qui a prévu une surprise pour le match, pourrait bien être surpris d’une équipe castraise qui viendra pour gagner et qui pourrait s’imposer…

Choc=gros match. Are you sure?

Qui dit choc, dit gros match ? Par l’intensité, oui. De l’intensité, c’est ce qu’on mit les deux équipes. Le rugby commence devant, tel est le proverbe. Si cela flanche devant, cela est payé cher derrière. Forestier le castrais qui a quelques difficultés en mêlée, et donc derrière l’artilleur de Sa Majesté, Jonny Wilkinson, s’occupe de convertir ces fautes. Trop de fautes, les Castrais n’en font pas qu’aujourd’hui. C’est le reproche qu’on pourrait leur faire. Heureusement, Sir Jonny n’était pas dans un grand jour, ratant 2 coups de pied sur 7. L’agressivité toulonnaise à la limite d’ l’acceptable quelques fois, passant entre les mailles du filet et dans le dos des arbitres, aura fait du mal aux castrais. Pourtant c'est bien Castres qui se crée la plus grosse occasion du premier acte. Kockott, comme par hasard, trouve une faille dans le côté fermé. Dans les 22 mètres, il tape au pied par-dessus mais le ballon est sauvé in extremis par David Smith qui concèdera une mêlée à 5 mètres pour avoir rentré le ballon dans l’en-but. Comme depuis le match, Castres n’en tirera rien de cette mêlée. C’est logiquement qu’à la pause, le score n’aura été qu’à coup de 3 points, avec Toulon qui rentrera aux vestiaires avec 9 points d’avance mais sans Bernard Laporte suspendu.

Longue heure de jeu

La réaction castraise est attendue en deuxième mi-temps. Tout comme la réaction toulonnaise, puisque malgré les 9 points d’avance, pendant cette première mi-temps, l’étoile de champion d’Europe semble s’être éclipsée du maillot varois. Malgré le soleil, l’éclaircie dans ce match ne viendra qu’à partir de l’heure de jeu par les castrais. A l’origine on retrouve encore une fois Rory Kockott et son petit côté. Kockott qui envoie Claassen dans le côté fermé pour semer la panique dans la défense toulonnaise. Le « Spingcoq » fixe deux défenseurs pour servir son compatriote Pedrie Wanneburg qui va naviguer dans les 22 mètres toulonnais. Point de fixation à 5 mètres de la ligne, Kockott ouvre cette fois grand côté. Talès à la baguette, applique son théorème. Il sert Rémy Grosso qui arrive lancé. Giteau et D.Armitage ont beau mettre leur bras à hauteur de la tête de Grosso, le surpuissant ailier castrais file sous les perches pour sonner la révolte castraise. Coup de froid sur Mayol. Grâce à la transformation de Kockott, le CO revient dans la partie et surtout à deux petits points de Toulon.

C’est là qu’on reconnaît les grandes équipes

Toulon assommé, Mayol muet, et Toulon en danger. Mais le RCT veut réagir. Sur le renvoi, les varois sont dans le camp castrais. Noirot va trouver un trou dans le rideau défensif castrais mais va tomber sur Palis à quelques mètres de l’en-but. Derrière, Claassens écarte vite le ballon vers Wilkinson puis vers Giteau. Le malheureux Giteau sur l’essai castrais, se venge. Le centre australien passe entre Diarra et Baï qui s’entrechoquent et aplatit l’essai qui libère un peu Toulon. Diarra sonné sur le coup, tout comme son équipe qui après la transformation, encaisse une autre pénalité. Castres sort alors du point de bonus défensif. Il reste moins de 7 minutes aux Castres pour revenir à moins de 7 points pour ramener un point de Toulon. A moins de 2 minutes de la sirène, Kockott, encore lui, à l’opportunité d’offrir ce point à ses coéquipiers. La pénalité est très excentrée, sur la droite du terrain, donc sur son mauvais pied. Un pied, une pénalité, pour un point. La pénalité passe.

La sirène des bateaux de la rade retentit et les deux équipes se quittent sur le score de 19-13 en faveur des locaux. Un score qui semble satisfaire tout le monde. Au classement, Toulon et Castres sont à égalité de points mais avec un avantage pour Castres car le CO avait remporté le match aller avec un plus large score. Pour Castres maintenant, il s’agit de préparer un autre match très important la semaine prochaine : la réception du voisin, le Stade Toulousain. L’année dernière, les Toulousains avaient été la seule équipe à gagner à Castres, dans un match pourtant dominé par les locaux. Les Castrais seront revanchards. Une défaite à domicile pour éloigner Castres des barrages qui peine encore à gagner à l’extérieur.

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