Le CO échappe à l'Ain-possible

Le CO est mal en point en ce moment. Au niveau du classement, rien à dire, mais l’absence de nombreux joueurs font que les Tarnais sont diminués au moment de la réception d’Oyonnax. En plus de l’absence de joueurs-clés, les castrais restent sur une lourde défaite au Stade Français (32-6) et se doivent de réagir. Le match aller à Oyonnax est aussi à oublier : défaite 19-9. La réaction est attendue ! Mais on n’en doute pas de cette réaction castraise. Souvenez-vous, après la claque à Brive (0-34), le CO s’était révolté d’abord contre Northampton en H Cup (19-13) puis face à Biarritz (39-0). Du côté d’Oyonnax, il faudra donc mettre les barbelés pour espérer ramener un résultat du Sidobre.

Hier, l’ouvreur Dan Kirkpatrick était annoncé comme titulaire à l’ouverture mais à l’arrivée des joueurs, on apprend que Baï le remplace et donc que Lamerat passe au centre. Mais juste à quelques minutes du coup d’envoi, Rémi Lamerat se bloque le dos et doit à son tour céder sa place. Kockott, prévu remplaçant, passe numéro dix et Baï retrouve le poste de centre. C’est donc le jeune Matthieu Babillot qui prend place sur le banc. Il n’y a donc que deux arrières pour six avants sur le banc des remplaçants castrais. Est-ce que cela aura un impact sur la physionomie du match ?

Oyonnax ou l’entame à la castraise

Tout commence mal pour le CO. Kockott, avec le numéro 10, qui réceptionne le coup d’envoi essaie de dégager mais il est contré par Tian. A 5m de l’en-but castrais, il n’y évidemment personne en couverture et c’est logiquement que Thibault Lassalle va aplatir le premier essai alors que le cap de la minute de jeu n’est pas dépassé. L’arbitrage vidéo vient justifier l’essai. Coup de tonnerre à Pierre-Antoine, car avec la transformation de Lespinas, Oyonnax mène 7-0 au bout d’une minute de jeu. Pour une fois à domicile, Castres rentre mal dans son match, ces changements de dernière minute ont-ils bouleversé les champions de France ?

La réaction castraise peut passer par ses avants, forts en mêlée, puissants au contact, les avants castrais font mal aux joueurs de l’Ain. Kockott quant à lui, qui n’a jamais joué en 10, essaie d’occuper le terrain. En face de lui, Lucas Amorosino l’arrière est fébrile. Avec le déluge qui s’abat sur le stade, l’arrière argentin de l’USO commet un en-avant dans ses 22 mètres. Mêlée pour Castres, dominée par les bleus et blancs, et le CO peut ouvrir grand côté. Les avants qui progressent par des pilonnages, échoue à quelques centimètres de la ligne. Tomas décide alors d’écarter sur l’aile. En surnombre, la ligne d’attaque castraise trouve Geoffrey Palis. Le « petit bleu » fraichement revenu du stage à Marcoussis prouve bien qu’il avait mérité ce voyage en Île-de-France. L’arrière tarnais fait revenir son équipe dans la partie et la domination castraise ne fait que commencer après un peu plus d’un quart d’heure de jeu. Le pied fera le reste. Kockott qui passe deux pénalités de plus devance Lespinas qui n’en passera qu’une. Si à la mi-temps le CO à rattraper son retard en menant 11-10, il faut que la domination soit concrétisée en seconde mi-temps.

Le pied d’un côté et l’occupation de l’autre

Le terrain est loin d’être un billard parfait pour les deux équipes. En deuxième mi-temps le gain du match allait forcément passer par l’occupation du terrain et le grignotage des avants. Oyonnax qui ne tourne à la mi-temps qu’avec un tout petit point de retard sur les champions de France a de quoi espérer un exploit dans le Tarn. Les hommes de Christophe Urios occupent donc le terrain mais quand les joueurs de l’Ain reviennent dans leur camp, l’indiscipline fait surface. Avec un maître-artilleur comme Rory Kockott, la sanction est irrévocable. Le sud-africain enchaîne trois pénalités qui mettent Oyonnax à la limite de perdre le bonus défensif. Un bonus défensif qui intéresse peu les joueurs de l’Ain puisque sur la physionomie du match et sur la deuxième période, les visiteurs sont à la hauteur de leur adversaire du jour. La réponse se fait par le pied de Régis Lespinas, deux pénalités et Oyonnax remonte à un point de Castres. Il reste un peu moins de 4 minutes à jouer et Oyonnax peut aller décrocher une victoire, ce qui serait la première à l’extérieur cette saison. Sauf que les Castrais ont la main sur le ballon, et s’unissent autour de leurs avants pour le conserver jusqu’à la sirène. L’union fait la force et fait la victoire. Le ballon est scotché aux castrais, dans le camp d’Oyonnax.La victoire est là, après la sirène, le dégagement de Kockott en touche libère le stade.

Un point qui en vaut quatre. Les quatre points de la victoire, c’est tout ce qu’il fallait assurer pour un match de reprise. On notera quand même qu’Oyonnax décroche là premier bonus défensif à l’extérieur de la saison. Les hommes de l’Ain ont fait trembler les champions de France et recevront Bordeaux le week-end prochain pour un match primordial pour l'avenir en Top 14. Le maintien est loin mais ce match contre Castres peut redonner confiance au promu.

Réactions d’après-match :

Romain Cabannes (capitaine, Castres) : « En première mi-temps on donne 10 points, ça a été notre point faible. On a eu un très mauvais jeu au pied, on n’a jamais su sortir de notre camp. La victoire était impérative, ça fait 4 points quand même. Ça sentait le match pourri. Partir avec ce handicap c’était difficile mais on a su le gagner.

David Darricarrère (entraîneur, Castres) : « En face on a eu une très belle équipe d’Oyonnax, très difficile à manœuvrer. Ils méritent largement leur point de bonus. Malgré toute l’adversité qui nous a touchés aujourd’hui, on s’en est sorti, au courage. Cela fait quatre points quand même.

Thibault Lassalle (seconde ligne, Oyonnax) : « C’est plus compliqué de trouver du positif que de dire que l’on a ramené le premier point de l’extérieur. C’est un point qui va compter. On continue de progresser et ça va nous donner de la confiance, je l’espère, pour les trois matchs qui arrivent et qui seront très compliqués.

Brice Mach (talonneur, Castres) : « Aujourd’hui c’est quatre points. Dans quelques temps on ne se souviendra que des quatre points, pas du match. Il n’y avait rien qui allait pour nous : la pluie, le vent, l’absence de 10. Et un n°10 sur un match comme ça, c’est toujours plus important. Le groupe s’est resserré, on est content. Même si ce n’était pas un grand match, il nous fallait le gagner. Dans une saison on ne peut pas toujours être au top : il faut gagner les matchs qu’il faut. Des matchs comme ça, si on ne les prend pas par le bon bout c’est toujours compliqué. On a montré aujourd’hui qu’on n’était pas une équipe mais qu’on était un groupe !

Christophe Urios (entraîneur, Oyonnax) : « On a ramené un point de bonus, il faut s’en satisfaire ce soir. Je crois qu’aujourd’hui il y avait une réelle opportunité de ramener plus. Le match a été partagé entre une première mi-temps où on a manqué de rythme et d’un peu d’intelligence sur notre jeu au pied. En deuxième mi-temps, on était mieux sur le rythme, on a tenu le ballon, on a été dominateurs sur l’occupation mais sans jamais arriver à la breaker, à mettre de la vitesse. Je pense qu’on méritait mieux mais c’est bien, on peut quand même être satisfaits. »

Photo: page facebook Castres Olympique Officiel

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