G.Garrigues: la passion et la rigueur

Dans la série «équipe rugby de Canal+ », on a déjà fait le capitaine, Eric Bayle, et quelques joueurs, Philippe Fleys, Bertrand Guillemin, Nicolas Dupin de Beyssat, et une joueuse, Isabelle Ithurburu, voici donc un nouveau portrait parmi cette équipe : Guilhem Garrigues. Flexion, lier, rencontre !

Quel a été votre parcours et vos études pour en être là, c’est-à-dire journaliste rugby pour Canal+ ?

Avant de faire journaliste, j’ai fait des études d’économie jusqu’en maîtrise. Ensuite, j’ai fait une école de journalisme à Paris, l’IPJ. Pendant mes études j’ai fait beaucoup de stages en presse écrite régionale, en radio. Après l’école j’ai passé la bourse Europe 1, que je n’ai pas eu mais qui m’a permis plus tard d’y travailler. J’ai intégré le service des sports d’Europe 1 directement à la sortie de l’école pour 4 ans. J’ai eu la chance de couvrir des gros évènements : Ligue 1, Tournoi des 6 Nations, 3 Tours de France. A la suite de ça, j’ai rencontré Éric Bayle en 2010 qui s’occupe du rugby chez Canal+. Il m’a proposé d’abord d’être pigiste, ce que j’ai fait, et ensuite de faire toute la saison 2013/2014.

Vous êtes originaire de Montauban, et quand on est « sapiacain », le rugby c’est une religion n’est-ce pas ?

Ça c’est évident. Le rugby c’est mon sport depuis toujours. Mon père y jouait, mon grand-père y jouait. J’y ai moi-même joué depuis très jeune. C’est un peu l’histoire de ma vie !

J’ai commencé le rugby à 8 ans à Montauban, jusqu’en Crabos. Après j’ai joué à Beaumont de Lomagne. Le rugby c’est mon milieu, c’est ma passion. A Paris, j’y joue encore un peu avec l’équipe de journalistes même si ce n’est pas trop facile avec le travail. C’est plus facile pour travailler dans le rugby aujourd’hui car j’ai beaucoup de joueurs qui sont de ma génération. Cela permet de bien décrypter le milieu, de travailler dans un milieu que je connais bien.

Votre meilleur souvenir de sport en tant que journaliste cela a été lequel ou lesquels ?

Il y en a beaucoup… J’en retiendrai deux. Mon premier c’est mon tout premier match du Tournoi des 6 Nations. C’était en 2009, à Croke Park, en Irlande. Je travaillais pour Europe 1. J’ai appris 15 jours avant que je faisais le Tournoi et là en 15 jours il y a eu dix mille émotions ! J’avais l’impression de rentrer dans un rêve. Il y avait beaucoup trop de choses à la fois : commenter le Tournoi, qui est pour moi un des plus beaux évènements sportifs, le fait d’être en Irlande, le fait de commenter pour Europe 1. Tout cela concentré, il m’a fallu presque un mois pour m’en remettre ! Rires.

Mon deuxième c’est sur la moto du Tour de France. C’était cet été lors de la montée de l’Alpe d’Huez. J’étais derrière Christophe Riblon quand il gagne. La foule, le public, en termes d’émotions c’est extraordinaire, je le souhaite à tout le monde !

Vous avez d’abord effectué vos gammes à la radio, puis après vous êtes passé à la télé. Quelle est la différence entre ces « deux mondes » ?

Ce sont deux univers très complémentaires mais très différents. La radio c’est de l’instantané, il n’y pas l’image. Ça demande une écriture, un ton très différent. Il faut toujours être dans le descriptif et l’analyse. En revanche, c’est beaucoup souple. On est seul avec nous même La télé c’est de l’image : il y a toute la partie images à traiter Quand on commente par exemple un match à la télé, il faut toujours avoir à l’idée qu’on a l’image. Ce n’est pas la peine de décrire ce que l’on voit. C’est la principale difficulté. Il y a une partie technique en télé qui est beaucoup plus lourde, mais qui est beaucoup plus intéressante. Le métier est le même : faire de l’information. Il s’agit juste d’une différence technique. Je pense que c’est bien de pouvoir faire les deux.

Pour finir, si vous aviez deux mots pour qualifier votre métier ?

Le premier c’est passion. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas faire ce métier sans passion. C’est beaucoup de concessions pour y arriver, beaucoup de travail. Il faut toujours s’accrocher, toujours se battre parce que c’est un univers assez difficile. Il y a beaucoup de concurrence et peu de places. Si on a la passion, tout devient beaucoup plus simple.

Le deuxième mot serait rigueur. On ne fait pas n’importe quoi quand on fait du journalisme. On fait de l’information, tout ce qu’on fait doit être fait dans une démarche d’exigence et de rigueur : toujours vérifier les informations, bien préparer ses matchs, toujours savoir que l’on parle au plus grand nombre. Notre métier c’est informer, et informer c’est toujours avoir un souci de rigueur.

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