Après vingt journées, la fin du championnat approche. Dans ce contexte, un derby a de terribles enjeux et de multiples conséquences. Avant le derby basque entre Biarritz et Bayonne le week-end prochain, ce soir s’était celui de Midi-Pyrénées. Castres recevait Toulouse. Deux équipes amoindries par les absences des internationaux dans chaque camp mais qui devront lutter pour conserver une place dans les six premiers championnats. Au match aller, les castrais étaient passés au travers en s’inclinant 26-9 et en concédant le point de bonus offensif au voisin toulousain. Il était impératif ce soir pour les castrais de gagner pour rêver d’une place qualificative pour la réception d’un match de barrages.

Castres commence à contre-sens

C’était une ambiance des grands jours à Castres. Le retour en terre promise de Iosefa Tekori s’annonçait chaud ! Tout semblait bien commencer pour Castres dans un stade qui débordait de bleu et de blanc. Une pénalité de Kockott permettait au CO d’ouvrir le score. Côté toulousain, la réponse s’effectuait par le pied de Beauxis. Mais sur le renvoi, une action « à la toulousaine », initiée par le Stade, allait amener le premier essai du match. Un ballon qui est écarté vers l’aile, des plaquages ratés, et Poitrenaud file à l’essai. A un mètre de la ligne, il passe le ballon à Tekori qui marque face à son ancienne équipe. Le match est bel et bien lancé.

Cinq minutes plus tard, les toulousains remettent ça. Toujours du jeu de trois-quarts, et c’est le jeune Thomas Ramos, de Mazamet à vingt kilomètres de Castres, qui aplatit son premier essai avec les Rouges et Noirs et le deuxième de son équipe. Beauxis qui transforme à nouveau et le Stade prend le large. A quand la réaction castraise ? Le CO faisait là sa pire entame de match de la saison à domicile. Une entame qui allait durer, durer, avec un troisième essai toulousain signé Vincent Clerc après une demi-heure de jeu. Castres a encaissé un 22-0 en moins de vingt minutes.

Le pack révolte

Cette fois s’en est trop. La course-poursuite du CO est lancée. Comme le disent les anglais, « no scrum, no win » (pas de mêlée, pas de victoire). Le CO a écrasé le Stade Toulousain dans ce domaine. Des mêlées à quelques mètres de l’en-but adverse sont primordiales. Toulouse réduit à 14 après le carton jaune du pilier Ferreira va subir et céder face à la domination du pack castrais. M.Lafon, l’arbitre du soir, va aller sous les poteaux, offrir un essai de pénalité aux castrais. Avant la mi-temps, Castres rentre donc aux vestiaires en perdant 10-22 mais on se dit que tout est possible en seconde mi-temps.

La vague bleue submerge Toulouse

On aurait pu se dire que la mi-temps allait stopper la furie castraise, or, pas du tout. Au contraire, les troupes castraises sont ressorties plus galvanisées et on remit le paquet. S’appuyant toujours sur la mêlée, M.Lafon va offrir un deuxième essai de pénalité après vingt minutes de domination castraise en seconde mi-temps. Le CO revient à 5 points de son voisin toulousain, soit un essai. Le bulldozer castrais continue son petit bout de chemin. Mettant la pression aux toulousains sous les coups de pied, les bons contests dans les rucks permettent aux castrais de récupérer de nombreux ballons. Toulouse, qui a concédé trois cartons jaunes au cours du match, est dépassé. A la 65ème minute, Kockott, qui a re-signé pour 3 ans cette semaine avec le club, se fait la malle au ras de ruck. Il efface son vis-à-vis Vermaak et va dans l’en-but inscrire le troisième essai castrais, qui, avec la transformation du même homme, permet au CO de reprendre les devants : 24-22.

Est-ce que les Castrais vont réussir à tenir cet avantage ? C’est la peur qu’il y a eu, mais vite effacée par un quatrième essai. Après une belle course de Rémi Lamerat sur le côté droit, le centre sert Marcel Garvey. L’ailier anglais du CO flirte avec la ligne de touche sans jamais la touche, et arrive finalement à marquer un essai qui sera accordé après l’arbitrage vidéo. Sans la transformation de Kockott, Castres se met à sept points du Stade Toulousain.

Il reste 5 minutes alors à Toulouse pour tenter d’arracher un match nul. En voyant la seconde mi-temps, on se dit que cela peut paraître impossible. Impossible n’est peut-être pas que castrais. Hosea Gear, passé inaperçu jusque-là, transperce la défense castraise sur 50 mètres pour échouer à quelques centimètres de l’en-but. Le Stade balaye la zone des cinq mètres dans la largeur du terrain. Kirkpatrick qui défend comme il peut, commet un en-avant volontaire alors que la sirène a sonné. Le néo-zélandais subit le même tarif que Johnston un peu plus tôt, un carton jaune. Toulouse va écarter une dernière fois. Les haut-garonnais sont en surnombre derrière et c’est logiquement que Vincent Clerc va aplatir en coin l’essai qui peut offrir les deux points du match nul à ses coéquipiers. Un match nul qui ne sera possible qu’à une seule condition : que Bézy convertisse la transformation en bord de touche. Le public de Pierre-Antoine retient son souffle. Le buteur toulousain s’élance, frappe la balle, une balle qui flotte et qui…échoue sur le poteau. Cruel pour Toulouse qui aurait pu décrocher là un match nul mérité. Castres s’impose 29-27 face au voisin toulousain.

Grâce à cette victoire, Castres montre qu’ « impossible n’est pas castrais ». Une victoire acquise avec le cœur et le pack. Quant à Toulouse, privé de ses internationaux, c’est un bien triste résultat alors que la victoire semblait promise en première mi-temps. C’est la dure loi du sport. Dans un match comme celui-ci, il ne fallait pas être cardiaque!

Cardiaque
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