Après soixante minutes sous haute tension les Français redeviennent Champions d’Europe pour la 3ème fois de leur Histoire en battant le Danemark sous les yeux de 14 000 supporters danois à Herning.

Arrogance à la Française

Réussite, réussite et réussite, c’en est presque insolent. Les Français dominent première mi-temps de long en large. Dès le départ, les Bleus assurent le spectacle, tous les joueurs y vont de leur talent, Daniel Narcisse retrouve la précision qui lui manquait, Michael Guigou joue l’artiste, Nikola Karabatic impressionne dans ses tirs et ses passes. Sans oublier la défense, orchestrée par Luka Karabatic et bien aidée par Thierry Omeyer qui permet à la France de se mettre très vite à l’abri. Les Danois n’arrivent pas à suivre, dépassés dans toutes les zones de jeu, il faudra attendre le deuxième temps mort de l’entraineur Ulrik Wilbek pour entrevoir un début de réaction des Danois avec un triplé de l’ailier Hans Lindberg. Tout marche du côté Français, avec une différence maximale de 10 buts et des petits bijoux comme le tir dévié de Valentin Porte remis dans le but par Mickaël Guigou, les Français on su prendre le match dans le bon sens dès le début ce qui leur permet de rentrer sereins aux vestiaires (21-14).

La Magie du Spectacle

Les Bleus reviennent sur le terrain avec une belle envie. Une envie de gagner, mais surtout une envie de gagner avec la manière. Un nouveau festival commence et cette fois ci des deux côtés, entre Valentin Porte qui excelle dans l’exercice du tir et Mikkel Hansen qui étincelle de réussite (9 tirs réussi sur 10), les deux équipes régalent le public toujours présent malgré le grand écart de points. La beauté du jeu est le maître mot en cette deuxième mi-temps. Toujours menés de 10 points à 5minutes de la fin du match, les Danois ont continué de jouer, imposant même leur rythme sur la fin du match, avec un gardien, Jannick Green qui commence à donner un petit peu de fil à retordre aux Bleus. Du côté Français, Claude Onesta fait tourner l’effectif en faisant rentrer tous les joueurs sur le terrain laissant une dernière fois l’occasion à Kevynn Nyokas de s’exprimer en marquant les deux derniers buts de son équipe. Malgré la déception, le public danois, totalement amoureux de ce sport, ne peut absolument pas regretter le déplacement, avec un score final de 41-32, record de buts marqués dans une finale internationale, le spectacle a été plus qu’assuré.

Une hiérarchie mondiale qui ne bouge pas, ou peu


Il n’y a pas vraiment eu de surprises dans cet Euro. L’Equipe de France, qui n’était qu’ « outsider », était un outsider champion olympique. La compétition a été dominée par un quatuor (que l’on a retrouvé lors des demi-finales) qui domine le handball mondial depuis 3-4 ans. Outre l’Equipe de France, ce quatuor se compose de la Croatie, l’Espagne et le Danemark. D’ailleurs, pour devenir champions d’Europe, les Bleus auront battu chacune de ces trois équipes, c’est dire leur domination.
Finalement, on en vient à penser que l’indécision concernant le vainqueur n’existe que lorsque l’Equipe de France n’est pas en mesure de lutter directement pour le titre. Mais dès que l’Equipe de France pose son jeu et atteint les demi-finales, elle va au bout. Pourtant, la Croatie tout d’abord avait de bons arguments. En effet, des noms comme Vori, Duvnjak, Kopljar ou encore Cupic en ferait trembler plus d’un. Mais voila, comme c’est le cas depuis son titre Olympique en 2004, la Croatie ne parvient pas à faire la différence. Comme le disait si bien Ivano Balic en parlant des oppositions franco-croates : « Entre deux des meilleurs équipes du monde, la différence est infime…. mais à la fin, c’est toujours la France qui gagne ». Défaits de deux buts face au Danemark en demi-finale puis d’un seul lors du match pour la troisième place, les Croates doivent se contenter d’une quatrième place.
Les Espagnols, troisièmes de cet Euro, n’ont rien pu faire face à l’Equipe de France. Malgré de bons Aguinagalde, Canellas, et des joueurs capables du meilleur à chaque poste, les Espagnols n’ont pas réussi le doublé mondial-euro.
Enfin, les Danois ont atteint les quatres dernières finales de compétitions internationales (hors Jeux Olympiques) mais n’en ont gagné qu’une seule. Et pire que ça, les deux dernières se sont résumés à un non match où ils ont été totalement dominés, essuyant des défaites aux écarts conséquents. Les Danois, s’ils veulent performer, devront apprendre à gérer la pression, même s’il risque de regretter un moment cette belle occasion à domicile.

Derrière, en l’absence de l’Allemagne (qui peine à se reconstruire) et de la Slovénie, la lutte pour les places d’honneur était ouverte. On attendait la Serbie, finaliste sortante, qui a finalement déçu avec sa 13ème place. On attendait aussi la Suède et la Pologne. Avec des résultats corrects, elles terminent à des positions qui leur correspondent, respectivement aux 7ème et 6ème places. C’est l’Islande qui finit à la cinquième place. Bien que ça ne soit pas une grosse surprise, tant on connaît le talent des Islandais pour ce sport, la performance islandaise reste surprenante puisque son effectif vieillissant, privé pour la première fois de Olafur Stefansson, n’offrait aucune réelle assurance de réussite.

L’équipe type

La base arrière type du tournoi n’est pas vraiment surprenante. De gauche à droite, on y retrouve Mikkel Hansen, Domagoj Duvnjak et le Polonais Krzysztof Lijewski . Luc Abalo est élu meilleur ailier droit alors que Sigurosson est récompensé à gauche. Enfin, Niklas Landin, en difficulté en finale face aux Français, est élu meilleur gardien, alors que Julen Aguinagalde est meilleur pivot.
Comme le veut la tradition, le meilleur joueur de la compétition , Nikola Karabatic, n’est pas présent dans l’équipe type. Tobias Karlsson est élu meilleur défenseur du tournoi.
Domagoj Duvnjak a aussi reçu son titre de meilleur joueur de l’année 2013. A 25 ans, le demi-centre croate rejoindra Kiel la saison prochaine.
La prochaine compétition internationale sera le mondial 2015 au Qatar, qui a bien failli se disputer en France.

Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne
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