L'envie

La victoire était indispensable pour Toulon et inespérée pour Brive, mais, avec une rage de vaincre et un mental d'acier, les coujous sont allés chercher un nouveau sacre à domicile, rajoutant ainsi à leur tableau, un cador de plus battu sur leur Stade d'Amédée-Domenech. Après Perpignan, Castres, Toulouse et Montpellier, pour ne citer qu'eux, Toulon s'est incliné 23-10 devant un stade euphorique criant des « ici ici c'est la Corrèze » ou encore « allez Brive » tout en faisant des Ola.

Un vrai régal pour les yeux.

Une seule question se bousculait dans la tête des supporteurs brivistes : Brive allait-il pouvoir lutter contre Le géant varois ?

Il aura fallu trente secondes de jeu pour se rendre compte que Brive monopolisait le terrain des Rouge avec l'envie d'aller plus loin, l'envie de réussir, l'envie de vaincre.

Depuis le début de la saison, les Corréziens commençaient leur première période avec une percée dans le terrain adverse et une envolée vers l'en-but. Cependant, depuis quelque temps, ce rituel s'était estompé laissant alors apparaître quelques failles. Mais hier soir, les hommes de Nicolas Godignon et de Didier Casadei ont retrouvé leur rugby, très clairement, les noir dominaient de fond en comble lors de ces 40 premières minutes.

Les Toulonnais devennaient alors très indisciplinés, et pour sa part, en l'espace d'un quart d'heure de jeu, Gaëtan Germain, faisait déjà un 100% de réussite au pied. De bonnes occasions pour le CABCL et Sisa Koyamaibole qui utilise toute sa puissance pour déjouer la défense adverse, Sisa qui rattrape tous les ballons, Sisa qui maitrise totalement le jeu, Sisa qui est partout, omniprésent pour son équipe de Brive. Waqaniburotu, son compatriote et coéquipier donne lui aussi une belle leçon aux hommes de Bernard Laporte qui impatients et imprécis veulent jouer les ballons trop vite tout en faisant des fautes. Les balles fusent entre les perches, les Brivistes s'éloignent de plus en plus des Toulonnais au tableau d'affichage. Sisa Koyamaibole, toujours lui, est impérial dans les airs, si bien que Guillaume Ribes s'élance vers l'en-but adverse et aplatit le ballon à la 37ème minute de jeu. Le Stade et en furie, les drapeaux noir et blanc flottent, le CAB rentre aux vestiaires avec une confortable avance sur Toulon, 20-3.

On prend les mêmes et on recommence ?

Les Toulonnais rentrent sur le terrain perdus et visiblement secoués de cette première entame de jeu. Mais, les Varois reprennent un peu « du poil de la bête » en occupant les 22 Brivistes, sans succès puisque Koyamaibole recommence son festival et amène les coujous dans le terrain du RCT.

À ce moment-là, le duo Godignon-Casadei, fait sortir les premières lignes du CAB sous les applaudissements s'il vous plait et plus particulièrement pour Guillaume Ribes auteur du premier essai, celui de la victoire Briviste. Gaëtan Germain toujours aussi précis tape la dernière pénalité du jeu. Rudi Wulf offre tout de même à cette équipe de Toulon, un essai en toute fin de période (76e min). Plus que quelques minutes au compteur, M.Minery regarde sa montre et siffle. Les Brivistes anciens champion d'Europe il y a 17 ans jour pour jour, se sautent dans les bras et peuvent être très heureux et fiers d'eux car ils l'ont fait, ils ont gagné face au champion d'Europe en titre alors que tout le monde donnait perdant le club Corrézien.

Un classement très serré.

Jamais dans l'histoire du TOP14, un classement n'avait été aussi serré. En effet, si Brive remonte à la neuvième place du classement avec 39 points, Toulon sort de la zone de qualification et n'est qu'à 3 points du promu Briviste. Mais jusqu'où iront les coujous ? En tout cas, ce qui est sûr c'est qu'un cador de plus à goûter au talent des Corrèziens et qu'une bonne étoile veille au-dessus des têtes des joueurs du CABCL.

  • Que de bonnes nouvelles du côté Briviste puisque les espoirs du CAB ont croqué les espoirs de l'ASM, 21-3 avec trois essais en prime pour de futurs champions.
Réactions d'après-match :

Nicolas Godignon : « Il faut encore plein d'humilité et d'abnégation car on n'a rien gagné pour l'instant et qu'il faut continuer comme ça mais c'est vrai que les gros se font un peu étrangler à l'extérieur ce qui n'est pas toujours chose commune dans le championnat du TOP14, il y a deux possibilités, soit les grands n'ont pas le niveau supérieur pour pouvoir nous mettre à genoux ou alors les petits ont su se grandir et lever le niveau de jeu et le niveau de l'équipe en elle-même. Je pense qu'aujourd'hui c'est un championnat très attractif du fait de cette incertitude qui règne d'un week-end sur l'autre. C'est ce qui fait que c'est excitant, on regarde les résultats et ce week-end pour nous, c'est un très bon résultat. On va tout faire pour aller chercher dix victoires, pour l'instant on en a 7 au compteur, on va continuer d'avancer et puis surtout, ça met la pression aux autres. C'est un peu le jeu de la chaise musicale de la pression, un coup c'est pour nous un coup c'est pour les autres.

Aujourd'hui, ça fait 17 ans que Brive est champion d'Europe, alors un ancien champion d'Europe qui bat un nouveau champion d'Europe c'est un super cadeau d'anniversaire. »

Arnaud Méla : « On savait qu'on allait avoir plus d'envie qu'eux et c'est ce qui a primé et puis ça s'est fait aussi parce que Gaëtan (Germain) a enquillé d'entrée. C'est sur que c'est plus facile de gérer quand tu es devant au tableau d'affichage, on savait qu'il fallait prendre le coup, on a fait un match correct. On a eu une belle ambiance dans le stade. Quand il n'y a pas la guerre fait dans les rucks et quand ce n'est pas dur et bien l'équipe adverse se croit tout permise. Alors que là, on a mis un peu les points sur les i d'entrée et après ça s'est très bien passé et ça fait aussi partie du rugby, il faut être viril et on est chez nous, on s'est se faire respecter. Pas de combat, ce n'est pas du rugby. »

Didier Casadei : « On s'en fout d'aller grignoter des places le tout c'est de pas se retrouver derrière à la fin. Qu'on finisse 10e,11e,12e, ce n'est pas grave, il suffit qu'il y en ait deux derrière nous et ça ira. Aujourd'hui rien n'est fait mais c'est sur qu'en voyant l'énergie déployée par les joueurs et la capacité qu'ils ont à être performants contre de grandes équipes, on est en droit d'espérer une bonne issue à la fin du championnat. »

Photos ©ClaireSicard
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