I.Ithurburu: l'atout passion du rugby

Fan de rugby, vous la connaissez surement. Au bord des terrains pour couvrir les matchs de Top 14 sur Canal+, elle essaie de se faire plus grande dans ce monde ovale. Nous avons rencontré Isabelle Ithurburu et elle s’est livrée à nos questions avec plaisir et le sourire. Entretien avec celle qui est tombée dans le rugby depuis ses 15 ans et aujourd’hui animatrice de Jour de Rugby et de La Séance Rugby sur Canal+Sport.

Vous avez un parcours atypique. Vos études ne vous destinaient pas à être journaliste. Admettez-vous que vous avez un parcours atypique avec cette élection de Miss Pau en 2001, et la participation à la Nouvelle Star en 2007 ?

Tout le monde me ressort ce titre de miss Pau : il n’avait aucun rapport avec Geneviève De Fontenay. C’était un petit concours local. La Nouvelle Star, c’est parce qu’avec mon père et mon frère on aime la musique. C’est une passion et j’ai voulu en profiter en participant à l’émission. Côté études, j’ai fait des études de langues et des études de commerce international : parce que je parle couramment l’anglais et l’espagnol. J’ai voyagé, j’ai fait mes études en Espagne, en Angleterre. C’est en arrivant à Paris que la proposition m’a été faite. J’ai tenté l’aventure, je ne risquais rien. J’aimais juste le sport, et surtout à la télévision. Le sport que je fais aujourd’hui je le regardais. Je n’ai jamais joué au rugby mais j’ai baigné dans le rugby très longtemps. Quand la proposition m’a été faite, j’ai sauté le pas. J’ai été formée intensivement à Canal+ avant de passer l’antenne : trois mois de formation. Le parcours atypique c’est juste une jeune qui a la chance de pousser des portes.

Si ce n’avait pas été le rugby, est-ce que cela aurait pu être le foot par exemple, ou il y avait vraiment une attache pour faire du rugby ?

J’ai commencé par faire de l’omnisport sur Infosport+. Je faisais tous les sports mais avec moins de passion que pour le rugby mais j’aime quand même le sport en général.

C’est vrai qu’étant originaire de Pau, le rugby c’est naturel !

A Pau, c’est le rugby et le basket. Mais avec mon père qui n’est que rugby et pas du tout basket, plus ma vie personnelle qui est rugby, cela fait que j’ai une culture en rugby que je n’ai pas dans les autres sports.

Comme vous le dites, dans votre vie personnelle le rugby est bien présent, n’est-ce pas ?

C’est bon je l’ai dit ! Rires. C’est comme ça que j’ai rencontré mon mari (Gonzalo Quesada, entraîneur du Stade Français, NDLR). C’est un sport qui me passionne encore une fois sinon je ne serais pas tous les vendredis soirs dans la boue et dans le froid !

Justement, cette relation vous « empêche » d’être au bord du terrain lors des matches du Stade Français. Vous pouvez nous en dire plus ?

C’est un accord passé avec la chaîne. C’est pour éviter de lui poser des questions. C’était pareil l’an passé quand il entraînait le Racing-Métro. On a fait une exception pour le Boxing Day car on était en manque de personnes. J’ai eu quelques remarques négatives du public alors je ne préfère pas couvrir ces matchs là.

Cela fait maintenant deux ans que vous animez Jour de Rugby. Depuis cette année vous avez une nouvelle émission, La Séance Rugby, en deuxième partie de soirée sur Canal+Sport. Une nouvelle émission pour l’année prochaine ? Les Spécialistes rugby vous tenteraient-ils ?

Il faut déjà savoir si on arrive à continuer puisque les droits TV sont remis sur le marché. On va espérer déjà garder le rugby sur Canal. Dans ce cas-là, j’aimerai continuer ce que je fais déjà. C’est beaucoup de boulot ! Jour de Rugby, ce n’est que ma deuxième saison. Le fait d’être maintenue, c’est une réussite déjà. Pour ce qui est de La Séance Rugby, on vient à peine de le lancer. Elle marche bien avec les peu de moyens qu’on a. Elle s’adresse plus à un public rugby. On retrouve un peu l’esprit du rugby de Canal d’il y a 5 ans avec « Lagui ».

« Les spécialistes » ce n’est pas pour moi. Comme le nom l’indique, ce sont des spécialistes, des anciens joueurs et entraîneurs. Même l’animateur, François Trillo, est un ancien joueur. Je n’ai pas la prétention d’être spécialiste. Il me manque encore plein de choses quand je vois un match, c’est pour cela que je ne commente pas. Je présente et je fais les interviews. Je n’ai pas les connaissances pour faire « les spécialistes » parce que c’est important que cela soit bien fait.

Vous devenez de plus une célébrité dans le monde du rugby. Vous êtes de plus en plus sollicitée. Les stades vous acclament. Comment vous vivez cela ?

Je ne suis pas une célébrité car le rugby cela ne touche pas énormément de monde. Je me sens plus comme la petite mascotte du rugby. Ce n’est pas une célébrité. Je peux vous assurer qu’à Paris, je peux marcher dans la rue sans être reconnue alors que dans les villes rugby c’est plus compliqué : Castres, Clermont, Biarritz… Ce n’est pas tant une célébrité, je pense plutôt que les gens se sont attachés à moi. Je suis un peu atypique, ils aiment bien ça. J’ai un bon accueil dans les stades. Je ne comprends pas trop ça mais cela me fait plaisir.

Le fait que vous gagnez en popularité, fait que vous vous investissez plus dans des associations caritatives aussi (Kindia 2015, Secours Populaire…) ?

Je le faisais avant mais à titre personnel comme beaucoup de gens et juste en donnant de temps en temps quand je pouvais. Aujourd’hui on me propose des choses seulement parce que je suis à la télé et du coup c’est super de pouvoir s’en servir, de pouvoir faire plus que donner des sous, ce qui est déjà bien. Si je peux encourager les gens à donner ou à organiser... On est en train de le faire en ce moment avec des joueurs et des clubs. Le Secours Populaire m’a contacté sans savoir que je donnais déjà. Cela ne me coûte rien et je peux un peu plus aider.

Pour finir, si vous aviez quelques mots pour qualifier votre métier …

Je n’ai pas de formation de journaliste, même si après 5 ans j’ai appris beaucoup. Je me vois plus comme une passionnée qui raconte à sa manière le sport. Je ne me vois pas comme un journalisme d’enquête ou un reporter. J’essaie de retranscrire un sport à la télé et d’amener les gens au plus près possible des acteurs du rugby. Je ne fais pas encore d’enquêtes poussées sur le rugby.

Que peut-on vous souhaiter pour 2014 ?

De continuer. La télé est un monde impitoyable. A très long terme, j’aimerais, un jour, faire autre chose que du sport. Mais tant que je suis dans le sport, j’espère rester au rugby.

Merci à Isabelle pour sa patience et à Jason Esnault pour la photo.

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