JO de Sotchi 2014 : une fête sportive, à quel prix ?

~~Du 7 au 23 Février 2014 se tiendront à Sotchi en Russie les XXII ème Jeux Olympiques d'Hiver. Cependant, derrière cette vitrine du sport mondial se cachent des vérités bien sombres. Éclaircissements.

Un projet astronomique

Vladimir Poutine, président de la Russie, a fait de Sotchi un grand projet, auquel l'État contribue grandement. Moscou a mis les petits plats dans les grands pour satisfaire tout ce beau monde hivernal, journalistes comme sportifs. A Sotchi, au sud-ouest du pays dans la région de Krasnodar, des sommes astronomiques ont transité, quelques 36 milliards d'euros dont 24 milliards de fonds publics. Le Kremlin a donc non seulement engagé les entrepreneurs, dans ce qu'il imagine être un chef d'oeuvre (ses JO), mais aussi l'argent drainé par l'État. Tout ceci pour les préparatifs et infrastructures de Sotchi. Pierre de Coubertin a crée les Jeux, sur une base de paix et d'égalité,d'une nouvelle ère. Poutine, a lui entrepris de faire tenir en son pays les JO les plus dispendieux de l'histoire, sans précédents. Effectivement, nous pensions avoir atteint un summum à Beijing (Pékin) en 2008. Moscou a dépassé de 20% le budget engagé par les Chinois en 2008 et plus de 25 fois la « modeste » précédente édition à Vancouver. Que doit-on penser d'un tel financement ? Est-ce réellement nécessaire ?

JO de Sotchi 2014 : une fête sportive, à quel prix ?

~~Une fête sportive

Si chouchoutés, hébergés dans un hôtel luxueux et un village olympique tout confort, il faut simplement espérer que les sportifs hivernaux qui se sont préparés tout de même pendant 4 ans, soient au rendez-vous. Le norvégien Svindal, étincelant en ce moment, dévalera les pentes pendant que d'autres mettront en pratique l'art du saut à ski. Nombreux seront les fondeurs et fondeuses, à l'image de Martin Fourcade. Tous, dans leur discipline, ils défendront leurs couleurs, sueront, viseront la victoire. Ce sera pour eux le rêve olympique, merveilleux. Ce rêve, insouciant, s'est transformé en cauchemar pour d'autres, qui durant des mois, se sont démenés, fatigués dans la construction des infrastructures sans jamais toucher une rouble (monnaie russe).

Travailleurs exploités, corruption, expropriations

Ils sont tadjikes, ouzbèkes, arméniens ou serbes, originaires de l'ex-république soviétique, et ont travaillé pendant des mois dans des conditions s'apparentant à de l'esclavage. Douze heures à trimer quotidiennement, peu de repos. Ils sont venus dans l'espoir de gagner un peu d'argent là où le travail ne manque pas, pour donner le fruit de leur dur labeur à leur famille restée au pays. Ces sans-papiers se sont vus privés de leurs passeports, exploités par des entrepreneurs crapuleux de qui ils n'ont pas vu pas une rouble. C'est aussi cela la réalité de la construction de Sotchi 2014. Selon, Jean François Killy, membre du CIO, interpellé par Human Rights Watch « Cela ne représente que 0,45% de la masse salariale ». N'est-ce déjà pas trop ?

De plus, tout ne semble pas fait dans les règles. Des expropriations abusives, sans indemnités sont une triste réalité. Certains habitants de Sotchi se sont vus expropriés en deux jours sans avoir même pu récupérer leurs biens, détruits dans la foulée, avec leur habitation. Ils se retrouvent à la rue et les possibles indémnités qu'auraient versé le gouvernement russe se retrouvent dans la caisse de la Région de Krasnodar, gangrénée par la corruption, ce qui n'est pas un cas isolé en Russie, loin de là. Effectivement, ces cas de corruption semblent courants. Selon Boris Nemtsov, opposant à Poutine, la corruption ne serait pas étrangère au fait que le budget initial aloué à la mise en place du projet ait été quintuplé. Ce dernier dénonce également les dépenses excessives de Poutine. D'autres organisations s'offusquent, elles, de l'atteinte aux droits des homosexuels, et des droits de l'homme par la même occasion.

Atteinte aux droits de l'homme

En effet, la Douma, parlement russe a voté et interdit il a quelques mois la « propagande » homosexuelle devant mineurs, portant un coup aux droits de l'homme. Cela implique que se tenir la main dans la rue, ou même plus, leur est désormais interdit sous peine d'amendes allant de 125 à environ 20 000 euros, une somme colossale. Une manière habile de limiter l'action des militants. C'est pourquoi, de nombreux chefs d'État se posent la question suivante : Dois-je boycotter Sotchi ?

Boycott/ Pas Boycott

Boycott : Joachim Gauck, (président allemand) , Viviane Reding ( vice présidente de la commission européenne), François Hollande (président français)...

Pas Boycott : 40 chefs d'État selon Dmitri Tchernychenko, président du comité d'organisation des Jeux.

Les indécis : David Cameron, premier ministre britannique et Angela Merkel, chancelière allemande....

A travers ces divers problèmes soulevés, vous aurez compris que ces JO sont plus que controversés. A l'occasion de cet évènement, les enjeux ne seront pas seulement sportifs, mais aussi diplomatiques. Qui osera s'opposer à la politique menée par Poutine, remettre en cause sa définition des droits de l'homme ?

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