Eric Bayle: "Aimer faire vivre le sport"

Eric Bayle, la voix du rugby sur Canal+, qui prête aussi à sa voix pour des jeux vidéos, est un journaliste passionné du sport: il a répondu à nos questions. Rencontre.

Quel a été votre parcours pour en être là où vous êtes?

Mon parcours études c’est Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ensuite j’ai commencé à travailler à RFO, télévision d’Outre-Mer, à Paris pour laquelle j’ai commenté mon premier match de rugby qui était URSS - France A’ dans laquelle jouait un tahitien, Richard Mapuhi. De RFO je suis passé à La Cinq, de sa création à sa fin en 1992. Je m’occupais de la Formule 1, du Paris-Dakar, mais très peu de rugby même si j’avais fait les Masters du Stade Toulousain. Quand La Cinq a coulé en avril 1992, j’ai postulé à Canal+. J’ai commencé par y faire beaucoup de foot. J’étais le spécialiste du football espagnol entre 1993 et 1996. ensuite, quand on a récupéré le championnat de France de rugby, je me suis spécialisé sur le rugby entre le championnat, les tournées de l’hémisphère sud, le retour des Springboks sur la scène internationale, les Tri-Nations, le Super 12…

… et maintenant vous êtes directeur de la rédaction rugby de Canal, depuis combien temps êtes-vous à ce poste?

Depuis qu’il y a une rédaction rugby. Au début on était deux ou trois, maintenant on est une dizaine ou une quinzaine. C’est surtout depuis 1998, quand on a lancé Jour de Rugby et le suivi très régulier du championnat français, que je gère l’ensemble de la rédaction.

Le rugby c’est souvent associé à Canal historiquement, mais avec la nouvelle concurrence de BeIN et les droits qui vont être redistribués, cela vous ferait quoi si le rugby disparaissait de l’antenne de Canal+?

Tout d’abord, je ne pense pas que le rugby puisse disparaître de Canal. Cela serait sans doute une très mauvaise nouvelle pour le rugby parce que l’on a su exposer le championnat comme aucune autre chaîne n’a jamais eu la volonté de le faire. Je n’envisage pas du tout cela. On a aujourd’hui le Four Nations, le Super Rugby, la H Cup, le Top 14, la Pro D2. On a une couverture du rugby très très large qui permet à ce sport d’avoir une exposition qu’il n’a jamais eu. Je suis confiant pour qu’on le garde à l’avenir.

Est-ce qu’il y a un match que vous avez commenté et qu’il vous ait marqué?

Pas spécialement. J’ai eu la chance de vivre des choses fantastiques: la Coupe du Monde 1995. Celle aussi en 1999, on avait notamment commenté à l’époque cette fameuse demi-finale France - All Blacks à Twickenham. J’ai vécu les Tri-Nations avec des matchs épiques en Nouvelle-Zélande ou que cela soit à Durban, Johannesburg ou à Auckland. Les tournées de l’équipe de France en Australie, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande. Les gros matchs de championnat, les finales de championnat. Quand j’ai commencé à commenter le rugby, jamais je n’ai imaginé que l’on aurait pu retransmettre la finale et on l’a fait tous les ans. Cela fait beaucoup de souvenirs de rugby.

Vous êtes commentateur, c’est une facette du métier de journaliste, il y a peut-être moins d’investigation, que faut-il avoir ou faire pour être un un bon commentateur?

Il faut aimer le sport, il faut avoir la passion, il faut connaître, il faut avoir une culture, il faut le suivre depuis très longtemps: beaucoup de gens avec lesquels je travaille sont des passionnés de rugby depuis leur jeunesse. On a une culture forte: quand on nous sort un nom de joueur qui jouait dans les années 50-60, on sait qui c’est. Il faut aussi avoir l’enthousiasme, s’exprimer, aimer faire vivre et puis être journaliste aussi. un commentateur ne doit pas s’exonérer de donner des infos.

Isabelle Ithurburu, c’est la seule femme la rédaction rugby, comment ça se passe avec elle?

Elle est à la fois un chance pour Canal+ et une chance pour le rugby. Avoir une fille aussi à agréable à regarder, à écouter, qui travaille son sport comme le rugby, c’est une chance pour ce sport parce que cela permet à des gens de s’y intéresser. Le rugby, qui avait une image un peu machiste, un peu masculine, grâce à elle, et un peu comme Nathalie Iannetta au football, cela donne un éclairage complètement différent, très positif. Professionnellement, pour travailler avec elle, elle a un très bon esprit, elle est très sympa, on s’entend bien et elle s’est parfaitement intégrée dans l’équipe rugby. Elle a aujourd’hui pleinement sa place. C’est un vrai atout pour le développement du rugby.

La verra-t-on un jour commenter un match?

Il y a peu de femmes qui commentent. Chacun son exercice, elle est très bonne comme présentatrice, comme intervieweuse. Le commentaire est un exercice complètement différent. Je ne pense pas que le public, masculin en plus, soit prêt à entendre une femme commenter le rugby ou le foot: ce n’est peut-être pas dans les attentes. En revanche, plus de présence via la présentation ou les interviews, correspond davantage.

Photo: Eric Bayle à droite et le consultant Thomas Lombard, à gauche.

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