« Entre soulagement et amertume » : une expression valable pour les deux équipes. D’un côté, pour Castres, il y aura eu l’amertume, la déception, de ne pas avoir gagné, mais en même temps il y a le soulagement de ne pas avoir perdu. D’un autre côté, pour Clermont, c’est l’amertume de ne pas avoir gagné malgré l’agressivité et l’envie affichée, et le soulagement car les Clermontois aurait pu repartir avec un point. Retour sur un match nul n’ayant de nul que le score de parité.

De l’agressivité et Clermont rit jaune

On le savait que le match allait être tendu et l’on ne fut pas déçu. Quelques mouvements de jeu de part et d’autre mais surtout du combat. Le rugby commence devant. Dans les rucks, les avants envoyèrent toute leur énergie, pour se réchauffer à cause du temps glacial de Castres. Fort logiquement, les premiers points furent marqués à coups de pénalités avec Kockott pour Castres et James pour Clermont. Mais des pénalités différentes selon les équipes : Clermont commettait beaucoup de fautes dans les rucks, alors que la ligne de défense castraise était souvent hors-jeu. Un score qui tournait à l’avantage de Clermont à quelques minutes de la fin de la première mi-temps avant qu’un homme vienne faire basculer la rencontre. Tout d’abord sur une chandelle montée par James, le numéro huit castrais Claassen qui était la réception fut légèrement fauché en l’air par l’ailier auvergnat Nakaitaci. L’international français, Noa Nakaitaci, fut sorti 10 minutes par M. Cardona à 3 minutes de la fin du premier acte. Quelques actions plus tard, James dégage son camp et le ballon atterrit dans les bras de Kockott et là tout va très vite. Kockott relance, évite quelques défenseurs, en fixe un pour servir son ailier Romain Martial. Martial qui fait de même et qui sert à nouveau Kockott à l’intérieur. Le neuf castrais file alors vers le milieu des poteaux pour marquer le premier essai du match après un 1-2 comme on pourrait le voir au football entre Zlatan et Cavani. Un essai qui arrive au moment de rentrer aux vestiaires et qui fait rentrer les deux équipes sur le score de 10-6 en faveur des locaux.

Un Rory ne suffit pas

Souvent, on dit que marquer avant la mi-temps fait du bien, mais à condition de remarquer à la sortie des vestiaires. Or, c’est Clermont, encore à 14 pendant 7 minutes, qui va faire la meilleure entame. Cela commence par une pénalité de James mais cela suit par un essai de 70m. Alors dans son camp, les auvergnats relancent, Castres rate ses plaquages, est dépassé par la vitesse du jeu des hommes d’Aurélien Rougerie. Les Clermontois sont sur la ligne, pilonnent l’en-but, et arrivent à aplatir grâce à Julien Bardy, et même en infériorité numérique. La suite n’est qu’une copie conforme de l’entame de première mi-temps : des fautes et des buteurs qui convertissent tout cela en points. Clermont domine, est plus agressif, mais à 7 minutes de la fin du match, Kockott obtient peut-être la pénalité de la gagne. Le buteur ne bronche pas, Castres prend alors l’avantage, un avantage de seulement trois petits points. Les tarnais n’ont plus qu’à résister, facile à dire comme ça mais terriblement dur sur le terrain. La fin du match approche. Le ballon est alors en possession de Clermont dans les 22m castrais. Des pilons à nouveau, seulement trois points de différence, un drop ou une pénalité suffirait pour arracher un match nul, mais un essai offrirait une victoire pour Clermont. Les avants auvergnats sont à un mètre de la l’en-but, la défense castraise ne commet pas de faute, la tension est palpable, la sirène vient de retentir. Clermont pourrait y aller avec un autre pilon mais dans l’axe à 15m des perches, Brock James est prêt. Rado sert son ouvreur, qui claque un drop facile, inratable, qui passe donc entre les perches. Les auvergnats égalisent après la sirène.

Un match nul regrettable pour les castrais qui tenaient là une victoire mais qui auraient pu perdre sur la dernière action. Clermont qui décroche un bon résultat comptablement car il sera très difficile de venir s’imposer à Castres. Le CO est maintenant en vacances jusqu’au 13 novembre pendant que ses internationaux jouent avec leur équipe nationale respective. Pour la 12ème journée, les Tarnais iront à Montpellier pour peut-être décrocher une première victoire à l’extérieur cette saison. Du côté clermontois, Vern Cotter pour sa dernière année à l’ASM, n’aura jamais gagné à Castres, mais aura tout de même récolté deux matchs nuls du Tarn.

Réactions d’après match

Damien Chouly (troisième-ligne, Clermont) : « Je pense que vu la physionomie du match, le match nul est mérité. Il y a des regrets mais vu les dernières minutes on est content du résultat et c’est une bonne opération comptablement. »

Christophe Samson (deuxième-ligne, Castres) : « C’est vraiment dommage de prendre trois points après la sirène. Il faut relativiser, ça aurait pu être pire. »

Vern Cotter (entraîneur, Clermont) : « On repart avec 2 points, c’est important pour le classement. Les joueurs ont été présents dans les zones de combat. On n’a pas bien négocié la fin de première mi-temps avec le carton jaune puis l’essai mais cela reste un bon résultat. »

Matthias Rolland (manager, Castres) : « Il y a eu un manque de maîtrise sur les points clés. Le match nul est mérité. On va pas crier au scandale, Clermont a fait le match parfait à l’extérieur. »

Photo: site officiel de l'ASM

Photo: site officiel de l'ASM

Retour à l'accueil