Castres: que de regrets

Les castrais venaient dans la peau de l’outsider sur la pelouse du Leinster. Le titre de champion de France ne pesait pas lourd face aux trois Coupes d’Europe de la province irlandaise. Deux équipes avec la première place de la poule 1 qui était en jeu.

En début de match, si les intentions d’occuper le terrain mais aussi de relancer étaient des deux côtés, l’indiscipline castraise était sanctionnée. A ce petit jeu, c’est l’ouvreur du Leinster, Jim Gopperth, qui jouait là son deuxième match HCup, qui ouvrait le score et qui portait son équipe à 9-0. Aucune opportunité n’a été donnée à Rory Kockott de réduire le score. Il fallu attendre la 33ème minute pour ouvrir le score du camp castrais. Sur une mêlée dans les 40m irlandais en bord de touche, Claassen partait côté fermé, fixait un défenseur, et servait son compatriote Kockott qui filait à l’essai. Premier essai du match marqué alors par les outsiders. Tout le monde alors sentait que le coup de Trafalgar castrais était possible dans ce match car le score n’était que de 9 à 7 à la pause.

« No scrum, no win » ?*

*Pas de mêlée, pas de victoire?

Le célèbre dicton anglais aurait été réfuté sur ce match. Si la tendance en mêlée en première période était plutôt équilibrée, en seconde période la donne changea. Effectivement, en seconde mi-temps, le staff castrais fit rentrer ses deux mastodontes que sont Taumoepau et Wihongi. Castres prenait alors le dessus en conquête car en touche aussi, grâce aux bons lancers de Mach puis de Rallier et aux sauts du géant blond Richie Gray, le CO dominait et mettait la main sur le match, faisant trembler et douter les triples champions d’Europe. Mais l’indiscipline n’était pas encore réglée. Sur une action dans le camp castrais, David Kearney avait l’espace pour allonger sa course sur son aile mais le centre castrais Rémi Lamerat vint le plaquer haut. L’arbitre Greg Garner, ne bronche pas, il sort le carton jaune pour le centre castrais. Un tournant du match, car à 14 contre 15 les castrais vont encaisser un essai du première-ligne McGrath, en force au pied des poteaux. Mais impossible n’est pas castrais : les Tarnais remettent la main sur le ballon, occupent le camp irlandais. A 5m de la ligne, Talès voit son ailier Palis seul sur l’aile, et même si un irlandais est hors-jeu –hors-jeu que l’arbitre ne verra pas-, l’ouvreur castrais délivre une passe au pied pour son ailier. En vain, l’en-but du RDS est trop petit, Geoffrey Plis se prendra même les panneaux publicitaires : une occasion manquée par le CO, mais c’est vrai que la même action jouée dans un autre stade avec en-but un peu pus grand, il y aurait eu essai. Tout empêchait les castrais de gagner. Julien Tomas avait remplacé Rory Kockott. Le demi-de-mêlée introduit, l’abitre siffle coup-France car l’introduction n’est droite, il siffle même pénalité car Tomas ne comprend pas. Deuxième introduction, encore pas droite, de nouveau pénalité, on est dans le camp castrais, et Gopperth ajoute trois points. L’arbitre prévient le capitaine castrais qu’à la prochaine introduction de ce type, il y aurait carton jaune. Et malheureusement, jamais deux sans trois comme dit le proverbe, Tomas introduit une nouvelle fois pas droit, alors qu’il donne l’impression de s’appliquer, il est « mis au frigo », il reste dix minutes.

Le sort s’acharne

Il reste dix minutes et les castrais savent que la victoire restent assez loin alors ils tentent d’aller chercher un point de bonus qui serait largement mérité au vu de leur prestation. Série de pillons sur l’en-but irlandais. Marc-Antoine Rallier échoue à quelques millimètres, Pedrie Wannenburg relève le ballon et aplatit-il sur la ligne ? Garner fait appel à son assistant vidéo. ON rappelle la règle : la ligne fait partie de l’en-but, autrement dit, si le ballon touche la ligne il y a essai. On revisionne l’action plusieurs fois, le ballon semble toucher le ligne, la mordre de quelques millimètres mais il la touche. Le verdict tombe : l’essai est refusé, tragique pour les castrais qui repartent bredouille de Dublin avec beaucoup de regrets comme Rémi Lamerat qui sera en larmes à la fin du match. La surprise aurait pu venir du RDS, hélas tout était contre Castres dans ce match.

Après ce premier bloc de Coupe d’Europe terminé, le CO retrouve le Top14 la semaine prochaine en recevant la lanterne rouge Biarritz, pour un « olimpico », le BO qui est retrouve le moral après une victoire contre Oyonnax en Challenge Cup. Et si Biarritz pouvait décrocher sa deuxième victoire de la saison à Castres ?

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