20 ans après, c'est haut!

Qui l’eut cru ? Vingt ans après Castres redevient champion de France. Restés dans l’ombre durant toute la saison de Toulon, Clermont et Toulouse les Castrais ont fait preuve d’envie pour ramener le Brennus dans la petite ville de 45.000 habitants.

« Le dire ça fait rire, le faire ça fait taire »

Les duo d’entraineurs Labit-Travers avaient repris cette phrase de Claude Onesta pour motiver les joueurs. Auteurs d’un exploit déjà en demi-finale en battant Clermont, Castres n’est pas donné favori face aux Toulonnais qui pouvaient prétendre à un double HCup-Top14. Mais comme à son habitude Castres allait déjouer les pronostics. Malgré l’ouverture du score pour Toulon et deux premières mêlées à dominante varoise. Mais les Castrais revinrent assez vite dans le match avec une pénalité de Kockott. Les Toulonnais maladroits commettaient beaucoup trop d’en-avants et Castres récupéraient de beaux ballons de contre pour occuper le camp Toulonnais. A la 40e minute alors que le score était de 3-3, Castres obtenait une mêlée dans les 22m de Toulon. Claassen se faisait plaquer en s’extirpant de la mêlée. Talès se plaçait dans l’axe des poteaux pour tenter le drop et les Toulonnais avaient les yeux rivés sur lui prêts à jaillir pour le contrer. Mais Kockott, le neuf exemple du CO vit le trou au ras du ruck et alla pondre un essai entre les perches toulonnaises pour donner l’avantage aux siens 10-3 à la mi-temps. Castres menaient à la mi-temps face aux ogres toulonnais. A la reprise, Wilkinson convertit quelques fautes castraises par des pénalités pour faire revenir les Toulonnais à un point de Castres. Mais Sir Wilkinson a rencontré sur son chemin Rémi Talès dit « Talo ». Talo tout fraîchement appelé en équipe de France allait découper l’icône anglo-toulonnaise, l’élève prenaient le pas sur le maître. Talès plaqueur mais aussi marqueur, en moins de 5 minutes , le n°10 passait deux drops et Castres commençait à y croire de plus en plus. Il restait maintenant aux Castrais à résister à l’armada toulonnaise. Castres à l’image de son match n’a pas craqué et à 5m de la ligne, Kockott récupérait un ballon précieux pour l’envoyer loin très loin et se sortir de la pression. Sur l’action suivante, Toulon se mettait à la faute, Kockott, 40m face aux poteaux avait l’occasion de sceller définitivement l’issue du match. Quelques pas d’élan, sans regarder le coup de pied, à l’ouïe des supporters castrais, Le CO devenait champion de France ! Il ne restait que quelques secondes Castres était champion en menant 19-9, Toulon en possession du ballon sauva l’honneur avec un essai dans les arrêts de jeu par Delon Armitage. Trop tard, même la transformation fut ratée par Wilkinson. Vingt après le dernier sacre, les Tarnais soulèvent le Bouclier. Rémi Talès avait l’image dans sa tête : il était à la place de Francis Rui en 1993. Avec Matthias Rolland, le club tarnais rapporta son quatrième Bouclier de Brennus.

La fin d’une épopée

Ce match marquait la fin de l’ère Labit-Travers. Quatre ans de bons et loyaux services au sein du CO. Quatre barrages deux demi-finales et un titre de champion. Venus de Montauban avec de nombreux joueurs, ils en relancèrent et en révélèrent aux grand public : Andreu, Martial, Lacrampe, Bernard, Samson…

Des joueurs rentrés en héros

Plus de 10.000 supporters castrais étaient présents au Stade de France et en même temps ils étaient 15.000 à suivre le match sur écran géant. Le dimanche le camion des joueurs fut accompagné par une foule nombreuse de l’aéroport au stade Pierre-Antoine. Justement dans ce petit stade, là aussi 15.000 Castrais s’étaient rassemblés sur la pelouse et dans trois tribunes pour fêter leurs héros.

Similitude avec 1993, il y a vingt ans l’all-black Gary Whetton entamait un haka sur l’estrade de Pierre-Antoine. 20 ans après de nouveau, le haka résonnait dans Pierre-Antoine. Mené par Dan Kirkpatrick (centre), double champion du monde junior avec les All-Blacks, ils fut exécuté aussi par Joe Tekori, (2nde ligne, Samoa), Saimone Taumoepau (pilier, NZ) et Karena Wihongi (pilier, NZ). Les médias et les supporters eurent droit aussi aux saltos du centre écossais Max Evans et à la danse d’ « Ibou », Ibrahim Diarra.

Castres, petite ville mais grande équipe, remporta le championnat de France face aux champions d’Europe. Inconnus et avançant cachés, à la surprise générale pour les médias et ceux qui n’y croyaient pas, avec les tripes et avec le cœur, ils décrochèrent la Lune notamment grâce à des baes solides et des joueurs présents au club depuis de nombreux années qui méritaient une telle concrétisation de leur carrière : Capo Ortega, Teulet, Forestier…

Les Castrais s'appropriant la garde d'Austerlitz. "Ici, ici, c'est Pierre-Antoine!"

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Une marée bleue et blanche de la gare d'Austerlitz à la gare de Lyon

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Une mise en scène "gauzinienne" avant le match pour amener le Brennus

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20 ans après, le Bouclier est de retour à Castres

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Le haka retentissant des maoris castrais

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